Archive | avril, 2012

Trois millions d’hommes d’affaires russes condamnés en 10 ans

22 Avr

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En Russie, trois millions d’hommes d’affaires ont été condamnés au cours des dix dernières années en vertu de l’article du code pénal qui punit les crimes à caractère économique. C’est le vice-président de l’organisation professionnelle « Delovaya Rossia », Andreï Nazarov, qui a porté ces informations à la connaissance du président, Dmitri Medvedev. Le chef de l’Etat, bien que méfiant face à ces données, a qualifié la situation de catastrophique.

En effet, à l’heure actuelle, 120 000 hommes d’affaires seraient poursuivis en justice et 13 000 seraient privés de liberté. Dans la mesure où à la fin de l’année dernière, environ 7,5 millions d’hommes d’affaires exerçaient leurs activités en Russie, presque un tiers d’entre eux auraient fait l’objet de poursuites judiciaires.

Mais ce n’est pas tout. Selon les experts, dans la majorité des cas, les procès contre les patrons d’entreprise se déroulent sans que toutes les parties lésées ne s’expriment.  Il est donc tentant de tirer la conclusion suivante : les poursuites lancées contre des hommes d’affaires sont souvent orchestrées et peu objectives, que ce soit lors de l’instruction ou au tribunal. La libéralisation du système pénal initiée par le président russe n’a donc apparemment pas encore porté ses fruits. « Tous les éléments qui ne constituent pas une atteinte concrète à la personne devraient être enlevés du code pénal, mais toutes les infractions liées à des litiges devraient être insérées dans la procédure civile », estime le recteur de la Haute école d’Economie, Yaroslav Kouzminov. De toute évidence, cette question devra être abordée par le futur chef d’Etat.

Certains pourraient se demander ce que gagne le gouvernement à poursuivre ces hommes d’affaires. D’après Andreï Nazarov, le fisc aurait enregistré 254 milliards de roubles d’impôts impayés. Un procès pénal coûterait par ailleurs 85 000 roubles. N’est-ce pas déjà suffisamment cher ?

Konstantin Ougodnikov, traduit du russe par Amandine Gillet

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Les dirigeants politiques russes les mieux payés

20 Avr

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Modèle de la voiture de Dmitri Medvedev

Aujourd’hui, sur le site du gouvernement russe, des informations ont été publiées sur les salaires, les biens et le patrimoine des dirigeants politiques et de leur famille en 2011. Le classement des dirigeants les mieux payés n’a pas beaucoup changé : en tête pour les revenus personnels, on retrouve celui qui occupait la seconde place en 2010, le vice-premier ministre Alexandre Khloponine (484 millions de roubles en 2011, 23,2 millions en 2010). L’attachée de presse de M. Khloponine, Natalia Platonova, a expliqué à Vedomosti que ces revenus avaient principalement été générés par la vente d’actions, mais elle n’a pas souhaité entrer dans les détails.

A la seconde place en termes de revenus, l’épouse du premier vice-premier ministre Igor Chouvalov (365 millions de roubles). Elle possède notamment un immeuble d’habitations et un chalet de 646 mètres carrés, ainsi qu’un autre immeuble de 4174 mètres carrés.  Le ministre des ressources naturelles et de l’environnement, Iouri Troutnev, arrive à la troisième place avec 211,6 millions de roubles (contre 114,7 millions en 2010).

Arrivent ensuite les épouses de trois hauts fonctionnaires : l’ancien premier adjoint au chef de l’administration présidentielle russe Vladislav Sourokov (125,2 millions de roubles, contre 82,2 millions l’an dernier), le ministre des situations de crise, Sergueï Choïgou (78 millions de roubles), et l’autre premier vice-premier ministre, Viktor Zoubkov (21,2 millions de roubles contre 6,6 millions en 2010). M. Zoubkov a acheté une Volga GAZ-24 ainsi qu’une Mercedes Benz 500, selon les données publiées. Parmi les biens de la femme de M. Sourkov, une maison avec garage de 177 mètres carrés.

Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, vit bien modestement, voire pauvrement en comparaison. Son salaire a été de 3,7 millions de roubles en 2011, contre 5 millions en 2010. La femme de M. Poutine, Lioudmila a gagné 443 000 roubles en tout l’an dernier.

Le président russe, Dmitri Medvedev, a quant à lui gagné à peu près autant qu’en 2010 : 3,4 millions de roubles. La liste de ses biens n’a pas changé. Avec son épouse, Svetlana, le chef d’Etat possède un appartement de 367,8 mètres carrés, 15 comptes en banque dont le montant s’élève au total à 5,178 millions de roubles et il loue un terrain de 4700 mètres carrés.  Il dispose également de deux voitures : une Pobeda GAZ-20 de 1948 et une GAZ-21 de 1962.

Lien vers un tableau récapitulatif 

Sergueï Smirnov, Ioulia Yarosh, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original en russe : http://www.vedomosti.ru/politics/news/1632610/v_pravitelstve_smenilsya_lider_po_dohodam

Les Pussy Riot, des prisonnières d’opinion

14 Avr

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L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a qualifié de prisonnières d’opinion les membres du groupe punk Pussy Riot qui ont été incarcérées suite à l’action « Notre Mère, mettez Poutine dehors » dans la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Les militants des droits de l’Homme réclame la « libération immédiate et sans condition » des activistes du groupes qui ont été arrêtées.

Amnesty International réclame sur son site Internet la libération immédiate de Nadejda Tolokonnikova, de Maria Alekhina et d’Ekaterina Samoussevitch, toutes trois membres du groupe punk Pussy Riot.  Selon les militants d’Amnesty, lors de cette action dans la Cathédrale du Christ-Sauveur, les Pussy Riot « ont critiqué le dévouement et le soutien témoignés par certains représentants de l’Eglise orthodoxe au premier ministre, Vladimir Poutine ». « Même si les trois femmes arrêtées avaient pris part à cette action de protestation, la sévérité avec laquelle les autorités russes ont réagi – en procédant à des arrestations se fondant sur l’accusation grave de houliganisme – constituerait une réponse injuste à l’expression pacifique – bien que choquante pour beaucoup – de leurs convictions politiques. Elles seraient alors considérées comme des prisonnières d’opinion », a déclaré Amnesty International dans un communiqué.

« L’église n’est pas l’endroit idéal pour exprimer des revendications politiques »L’archevêque estonien, Andres Põder, n’est manifestement pas un grand fan des Pussy Riot…

Pour rappel, le 21 février dernier, cinq jeunes femmes masquées ont envahi l’ambon de la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, dans laquelle il était interdit d’entrer, pour y donner un concert improvisé en scandant :  « Notre Mère, Sainte Marie, mettez Poutine dehors ». Leur action a duré moins d’une minute. Le 2 mars, les forces de police ont ouvert une enquête criminelle pour houliganisme. L’article de loi concerné prévoit jusqu’à sept ans de prison pour ce type de délit. Le 4 mars,  Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina ont été arrêtées pour être présentées devant le tribunal de Taganski le lendemain. Le 16 mars, ce fut au tour d’Ekaterina Samoussevitch, elle aussi membre du groupe, d’être arrêtée. L’action des Pussy Riot a suscité l’intérêt du public et a mené à une polarisation de l’opinion dans la société et dans les milieux orthodoxes. Le chef de l’Eglise orthodoxe de Russie et une bonne partie des croyants exigent que les trois féministes soient punies.  Le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, Kirill, a qualifié leur action de persiflage et toute tentative de les défendre d’inadmissible. Quelques membres de la communauté orthodoxe ont toutefois demandé que le pardon soit accordé aux trois jeunes filles. Le Conseil interreligieux russe, qui rassemble les organismes orthodoxes, musulmans, bouddhistes et juifs, souhaite quant à lui que les Pussy Riot s’excusent publiquement, mais les membres du groupe s’y refusent. Les avocats du groupe punk ont décidé de porter le dossier de leurs clientes devant la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg.

D’après Amnesty International « même si l’action en question a été orchestrée pour choquer et s’il était entendu qu’elle risquait d’offenser, les militantes ont quitté la cathédrale quand cela leur a été demandé et n’ont causé aucune dégradation ».  Lioudmila Alekseeva, fondatrice du Groupe Moscou-Helsinki, a exprimé son soutien aux membres des Pussy Riot. Elle a affirmé qu’Amnesty International n’aurait pas porté autant d’attention à ce groupe punk « si on ne les avait pas considérées comme des ennemies publiques ». « C’est une affaire politique », a-t-elle martelé.

Alexandre Boronov, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://kommersant.ru/doc/1908137?isSearch=True

Un dimanche blanc sur la Place Rouge

8 Avr

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La police a interpellé trois personnes lors de l’action « Métro blanc » organisée par l’opposition à la station de métro de la Place de la Révolution. Sur la Place Rouge, la dirigeante du mouvement « Pour la défense de la forêt de Khimki », Evgenia Tchirikova, a été arrêtée alors qu’elle montait une tente.

Les participants à la manifestation, affublés de rubans blancs, sont arrivés par la station de métro de la Place de la Révolution aux alentours de 13h00 pour participer à l’action « Métro blanc ». La police les a invités à se disperser. Trois personnes ont été arrêtées, certaines ayant tenté de coller au mur des informations sur la manifestation du 6 mai prochain, la « Marche des millions ». De nombreuses sculptures de la station de métro ont été décorées de fleurs et de rubans blancs.

Ensuite, les opposants se sont dirigés vers la Place Rouge. Le leader du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, était également de la partie, lui qui n’avait pas pu participer au rassemblement sur la Place Pouchkine en raison de problèmes de santé. L’homme politique Boris Nemtsov était lui aussi présent. Plusieurs dizaines de personnes portant des rubans blancs ont participer à cette action. Parmi eux, un homme sortait du lot avec son drap blanc où il était inscrit « Le spectre de la constitution ». M. Oudaltsov s’est adressé aux participants à la manifestation. Il a proposé d’organiser une autre action, « La Douma d’Etat blanche » le 11 avril prochain, lorsque le premier ministre, Vladimir Poutine, rendra compte des activités du gouvernements devant les députés.

Est ensuite arrivée sur la place Evgenia Tchirikova qui a commencé à monter une tente. Des membres des forces de l’ordre ont confisqué son matériel et l’ont peu après arrêtée, ainsi que deux autres opposants. Selon Mme Tchirikova, ils l’auraient emmenée au Département des affaires intérieures dans le district de Zamoskvoreche.

Dans le même temps, autour de la Place des crânes, des militants déguisés en soldats de la Grande Guerre patriotique ont lu des vers et chanté des chansons. Ils ont proposé à tous ceux présents d’échanger des rubans blancs contre des rubans de Saint George.

La police avait prévu de renforcer sa présence au centre de Moscou ce dimanche. Autour de la Place rouge et de la Place de la Révolution, pas moins de 10 autobus remplis de policiers ont débarqué.

Maria Makoutina, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original en russe : http://kommersant.ru/doc/1911460

RIA Novosti relaye un poisson d’avril d’EurActiv sans le savoir

8 Avr

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Bruxelles, le 2 avril – RIA Novosti, Alexandre Chichlo. Les pommes de terres frites, ou les frites comme on les appelle communément en Belgique, pourraient se voir octroyer le statut de plat culinaire traditionnel belge par l’Union européenne, a rapporté le site Internet EurActiv.

Est considérée comme spécialité culinaire toute recette unique inventée ou élaborée dans un pays ou une région qui est devenue typique de la cuisine nationale.

Le Brussels Frites Forum a fait savoir qu’il avait l’intention de soumettre une Initiative citoyenne européenne pour que les frites obtiennent ce statut. Une Initiative citoyenne européenne est un instrument juridique de l’Union européenne entré en vigueur le 1er avril dernier.

Les Belges affirment que cet accompagnement mondialement connu, appelé « French fries » par les soldats britanniques qui y avaient goûté en Belgique lors de la première guerre mondiale, a été inventé en Flandre (une région du nord de la Belgique) au XVIe siècle.

Le Brussels Frites Forum souhaite notamment que les frites soient protégées par le statut de plat traditionnel de la cuisine belge octroyé par la Commission européenne et que celles fabriquées en Belgique soient les seules à pouvoir porter le nom de frites.

Selon EurActiv, cette initiative belge a déjà suscité des réactions chez les agriculteurs français qui ont prévenu que si la Commission européenne répondait favorablement à cette demande, ils organiserait un blocage avec leurs tracteurs à la frontière franco-belge.

Conformément au traité de Lisbonne entré en vigueur en 2009, la Commission européenne est obligée d’examiner les pétitions présentées par des représentants de la société civile si ceux-ci parviennent à rassembler au minimum un million de signatures. Tout citoyen européen a le droit d’introduire une Initiative citoyenne.

Pour être acceptée, tout initiative doit être signée par des citoyens issus d’au moins un tiers des Etats membres de l’UE, par voie électronique ou de façon manuscrite. Il faut donc que les citoyens signataires proviennent d’au moins neuf des 27 Etats membres de l’UE (NdT : en réalité, sept Etats seulement). Le nombre de signatures issues de chaque Etat dépend de la population : pour les petits pays de l’UE, moins de signatures sont nécessaires, et pour les grands, elles doivent représenter environ 0,2 % de la population nationale.

Ceux qui soumettront une initiative citoyenne devront récolter toute ces signatures dans les 12 mois suivant son enregistrement auprès de la Commission européenne. Ils devront également fournir des informations sur le financement de leur initiative.

Les pays de l’UE auront un an pour appliquer une nouvelle loi éventuelle une fois la directive en vigueur, après que celle-ci a été approuvée par le Parlement européen.

Comme l’a expliqué à RIA Novosti l’association belge des frites, qui rassemble cinq mille professionnels, pour préparer des vrais frites, il convient de plonger les pommes de terres coupées deux fois dans la graisse bouillonnante. La première fois sert à cuire les frites à l’intérieur et la deuxième fois à les rendre croustillantes.

La frite idéale selon la recette belge doit faire 12 centimètres. Il est toutefois important de noter qu’avec un kilogramme de pommes de terre, il n’est possible que de faire 540 grammes de frites en moyenne.

Les spécialistes conseillent de déguster ce mets sans prétention dans un cornet en papier avec de la mayonnaise ou une autre sauce en accompagnement, selon les goûts du client.

Alexandre Chichlo, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original en russe : http://ria.ru/world/20120402/614700469.html

Lien vers l’article dont s’est inspiré RIA Novosti : http://www.euractiv.com/fr/avenir-europe/la-belgique-soumet-une-initiative-citoyenne-europ-enne-pour-prot-ger-ses-frites-news-5

La journaliste Natalia Morar de retour en Russie

7 Avr

Photo : Maxime Avdeev/Kommersant

La correspondante du journal The New Times Natalia Morar a pu rentrer en Russie lundi. En 2007, Le FSB avait, sans raison, interdit à cette ressortissante moldave de se rendre dans le pays. Selon l’opposition, cette décision aurait été prise en raison du reportage qu’elle préparait sur le problème de la corruption. D’après ses collègues, son retour a été possible suite à l’intervention du président, Dmitri Medvedev.

Nous avons contacté son mari, Ilia Barabanov, le rédacteur en chef adjoint du journal The New Times. M. Barabanov a accompagné Natalia Morar dans l’avion qui l’a ramenée en Russie. Le voyage se serait passé sans aucun problème, même à la frontière. « Je pensais que j’allais me faire des cheveux blancs en attendant dans la file à la frontière, mais tout s’est bien passé », a-t-il déclaré.

« Je voulais croire qu’en Russie, il était aussi possible d’être agréablement surprise »Natalia Morar, sur son retour au pays…

Natalia Morar a été interdite de séjour en Fédération de Russie en 2007, lorsqu’elle a tenté de revenir à Moscou d’un voyage d’affaires. Quelques jours plus tôt, The New Times avait publié un article intitulé « Les caisses noires du Kremlin » : selon les informations de Mme Morar, lors des élections de 2007, des représentants du pouvoir auraient extorqué de l’argent à des partis politiques. En 2008, Natalia Morar s’est mariée avec son collègue russe Ilia Barabanov. Par la suite, la journaliste a demandé la citoyenneté russe, mais elle lui a été refusée. Le FSB a quant à lui refusé de fournir la raison de l’interdiction de séjour de Mme Morar.

De quoi l’accuse-t-on ?« Il est clair que ceux qui ont pris cette décision ont plus de choses à se reprocher que moi… »

« Depuis son interdiction de séjour, 1560 jours se sont écoulés. Pendant tout ce temps, nous avons tenté d’obtenir justice », a expliqué M. Barabanov. Selon lui, la situation se serait débloquée fin janvier 2012, suite à une rencontre entre le président Medvedev et des représentants de la presse. Le rédacteur en chef de The New Times, Evgeni Albats, aurait alors mentionné le cas de Natalia Morar.  « Il a répondu qu’il essayerait d’intervenir. Le temps a passé et nous avons décidé de tout simplement acheter des billets de retour et de tenter de passer la frontière », a déclaré M. Barabanov. Il a ajouté que lors de son séjour en Moldavie, Natalia Morar était devenue une célèbre animatrice à la télévision, bien qu’aujourd’hui, elle ait décidé de retravailler en Russie.

Alexandre Tchernih, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original en russe :  http://www.kommersant.ru/doc/1901479

Des députés envisagent de sanctionner la propagande homosexuelle

5 Avr

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Jeudi, un amendement au code de la Fédération de Russie des contraventions administratives a été introduit concernant les amendes pour la propagande homosexuelle auprès des mineurs.  Les auteurs de cet amendement proposent d’imposer des amendes administratives de 4000 à 5000 roubles aux citoyens, de 40 000 à 50 000 roubles aux fonctionnaires et de 400 000 à 500 000 roubles aux personnes morales qui seraient pris en défaut. Dans le même temps, un texte similaire est sur le point d’être examiné par le parlement de Samara, mais tous les députés ne semblent pas prêts à l’approuver.

« La promotion de l’homosexualité a pris des proportions gigantesques en Russie. Cette propagande envahit les médias et passe également via des actions menées par des gens qui souhaitent faire croire que l’homosexualité relève d’un comportement normal », peut-on lire dans une note explicative. « Cette propagande est d’autant plus dangereuse pour les enfants et les jeunes qui ne disposent pas encore d’un sens critique face à cette avalanche d’informations qui déferle sur notre société quotidiennement », estiment les auteurs du projet de loi. Selon eux, « il est nécessaire d’avant tout de protéger la nouvelle génération contre cette propagande homosexuelle et c’est l’objectif de ce projet de loi ». Les auteurs ont expliqué que ces amendes administratives ne viseraient pas l’orientation sexuelle des individus, mais bien la propagande homosexuelle auprès des enfants.

« Toute action liée à l’homosexualité peut être considérée comme de la propagande »Dans ce document, aucune définition précise n’est donnée pour le terme propagande, soulignent les juristes…

Pour rappel, le gouverneur de Saint Pétersbourg, Georgi Poltavchenko, a approuvé une loi similaire le 7 mars dernier, prévoyant des amendes pour ceux qui se livreraient à de la propagande homosexuelle ou pédophile auprès des mineurs. Conformément à ce texte de loi, les actions publiques de propagande homosexuelle, lesbienne, bisexuelle ou transexuelle à l’intention de mineurs entraîneront l’imposition d’une amende de 5000 roubles pour les citoyens, de 50 000 roubles pour les fonctionnaires et de 250 000 à 500 000 roubles pour les personnes morales.

Un texte de loi similaire a par la suite été présenté à la douma de l’Oblast de Samara. C’est le député Dmitri Sivirkin qui l’a introduit en proposant de sanctionner la propagande homosexuelle et pédophile dans la région. M. Sivirkin définit ce type de propagande comme suit : « toute activité dont le but est la diffusion incontrôlable d’informations pouvant se révéler néfastes pour la santé ou le développement moral et spirituel des mineurs ou leur faire intégrer une représentation déformée de ce qui doit être considéré comme des relations conjugales traditionnelles ou non traditionnelles ». M. Sivirkin affirme que selon lui chacun a le droit de choisir son orientation sexuelle et que ce projet de loi ne contient pas de mesures interdisant ou réprimant l’homosexualité. Il ne contiendrait nulle forme de discrimination. « Malheureusement, nos chaînes télévisées communiquent sur ce thème comme s’il s’agissait de quelque chose de normal, de drôle. Par conséquent, les enfants peuvent avoir l’impression que c’est normal », a expliqué M. Sivirkin. Il a déclaré que ces amendes pourraient être appliquées aux chaînes nationales qui diffuseraient leurs programmes dans l’Oblast de Samara. « Si une chaîne télévisée diffuse ce genre de plaisanteries sur l’homosexualité sur le territoire de notre région où c’est interdit, je serai le premier à exiger qu’elles payent des amendes », a-t-il déclaré.

« Une loi contre les gays »Voilà ce qu’en pense Dmitri Goubin…

Les collègues de M. Sivirkin restent divisés sur la question. Le député du Parti communiste de la Fédération de Russie Goumar Valitov a déclaré que bon nombre de dispositions de ce projet de loi nécessitaient des précisions :  « Qu’est-ce qu’on entend par moyens populaires, par exemple ? Il faudrait clarifier les choses pour que les gens puissent comprendre et appliquer le texte. » Le député de Russie unie Andreï Perchin a quant à lui affirmé qu’il ne voterait pas sur une loi s’inspirant d’une autre région. Selon lui, pour que cette loi puisse s’appliquer dans l’Oblast de Samara, il faudrait minutieusement étudier et analyser les statistiques concernant les infractions liées à la propagande homosexuelle et pédophile dans la région.

Les lois contre l’homosexualité sont également très répandues dans les pays en dehors du monde musulman. En Pologne, les couples du même sexe ne peuvent pas se marier ou s’unir légalement, ce qui les empêche de jouir des droits liés au statut de la famille.  En Grèce, les représentants des minorités sexuelles n’ont pas le droit d’exercer dans l’armée. A la Barbade, les homosexuels peuvent être condamnés à la réclusion à perpétuité. Par contre, en Jamaïque, seuls les gays sont condamnés à 10 ans de prison, les lesbiennes pouvant entretenir des relations sexuelles sans être inquiétées.

Ivan Pirogov, Maria Goutorova, Anton Korneev, en direct de Samara, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original en russe : http://www.kommersant.ru/doc/1903778

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