Les Pussy Riot, des prisonnières d’opinion

14 Avr

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L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a qualifié de prisonnières d’opinion les membres du groupe punk Pussy Riot qui ont été incarcérées suite à l’action « Notre Mère, mettez Poutine dehors » dans la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Les militants des droits de l’Homme réclame la « libération immédiate et sans condition » des activistes du groupes qui ont été arrêtées.

Amnesty International réclame sur son site Internet la libération immédiate de Nadejda Tolokonnikova, de Maria Alekhina et d’Ekaterina Samoussevitch, toutes trois membres du groupe punk Pussy Riot.  Selon les militants d’Amnesty, lors de cette action dans la Cathédrale du Christ-Sauveur, les Pussy Riot « ont critiqué le dévouement et le soutien témoignés par certains représentants de l’Eglise orthodoxe au premier ministre, Vladimir Poutine ». « Même si les trois femmes arrêtées avaient pris part à cette action de protestation, la sévérité avec laquelle les autorités russes ont réagi – en procédant à des arrestations se fondant sur l’accusation grave de houliganisme – constituerait une réponse injuste à l’expression pacifique – bien que choquante pour beaucoup – de leurs convictions politiques. Elles seraient alors considérées comme des prisonnières d’opinion », a déclaré Amnesty International dans un communiqué.

« L’église n’est pas l’endroit idéal pour exprimer des revendications politiques »L’archevêque estonien, Andres Põder, n’est manifestement pas un grand fan des Pussy Riot…

Pour rappel, le 21 février dernier, cinq jeunes femmes masquées ont envahi l’ambon de la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, dans laquelle il était interdit d’entrer, pour y donner un concert improvisé en scandant :  « Notre Mère, Sainte Marie, mettez Poutine dehors ». Leur action a duré moins d’une minute. Le 2 mars, les forces de police ont ouvert une enquête criminelle pour houliganisme. L’article de loi concerné prévoit jusqu’à sept ans de prison pour ce type de délit. Le 4 mars,  Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina ont été arrêtées pour être présentées devant le tribunal de Taganski le lendemain. Le 16 mars, ce fut au tour d’Ekaterina Samoussevitch, elle aussi membre du groupe, d’être arrêtée. L’action des Pussy Riot a suscité l’intérêt du public et a mené à une polarisation de l’opinion dans la société et dans les milieux orthodoxes. Le chef de l’Eglise orthodoxe de Russie et une bonne partie des croyants exigent que les trois féministes soient punies.  Le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, Kirill, a qualifié leur action de persiflage et toute tentative de les défendre d’inadmissible. Quelques membres de la communauté orthodoxe ont toutefois demandé que le pardon soit accordé aux trois jeunes filles. Le Conseil interreligieux russe, qui rassemble les organismes orthodoxes, musulmans, bouddhistes et juifs, souhaite quant à lui que les Pussy Riot s’excusent publiquement, mais les membres du groupe s’y refusent. Les avocats du groupe punk ont décidé de porter le dossier de leurs clientes devant la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg.

D’après Amnesty International « même si l’action en question a été orchestrée pour choquer et s’il était entendu qu’elle risquait d’offenser, les militantes ont quitté la cathédrale quand cela leur a été demandé et n’ont causé aucune dégradation ».  Lioudmila Alekseeva, fondatrice du Groupe Moscou-Helsinki, a exprimé son soutien aux membres des Pussy Riot. Elle a affirmé qu’Amnesty International n’aurait pas porté autant d’attention à ce groupe punk « si on ne les avait pas considérées comme des ennemies publiques ». « C’est une affaire politique », a-t-elle martelé.

Alexandre Boronov, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://kommersant.ru/doc/1908137?isSearch=True

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