Archive | juin, 2012

Vladimir Poutine nomme un médiateur pour les entrepreneurs

22 Juin

Vladimir Poutine a déclaré qu’il avait nommé Boris Titov, un ancien associé de son richissime allié Mikhail Prokhorov, à ce poste. M. Titov, un membre du Front de tout le peuple russe de M. Poutine, dirige également le groupe de pression Delovaya Rossiya et plusieurs entreprises, dont le fabricant de vin mousseux Abrau-Durso.

Lors de son discours d’hier (21 juin), M. Poutine a affirmé que le médiateur représenterait les investisseurs russes et étrangers dans les affaires juridiques et les défendrait au tribunal contre les fonctionnaires qui agiraient contre leur intérêt. Il a expliqué que le décret nécessaire à la création de ce poste serait bientôt signé et que M. Titov prendrait ses fonctions dans les semaines à venir.

M. Poutine a confirmé la mise en place d’un programme de privatisation très attendu et il a précisé que les investisseurs étrangers pourraient y prendre part.

La Russie a souvent fait l’objet de critiques de la part de ses partenaires occidentaux s’agissant de la manière dont sont traités les investisseurs étrangers, surtout les petites et moyennes entreprises.

La nomination d’un médiateur laisse entendre que M. Poutine préfère continuer de se reposer sur un système de protection politique plutôt que d’établir des règles claires et transparentes et un système judiciaire juste. Selon le Moscow Times, cette annonce a été accueillie avec prudence par les participants au forum.

Le médiateur entretiendra une relation particulière avec le bureau du procureur général, a ajouté M. Poutine.

Lors de son discours, il a affirmé que la corruption était une grande menace pour la Russie et il a admis que la dépendance de son pays face aux prix du pétrole était son talon d’Achille. Il a par contre fustigé les démocraties européennes pour leur incapacité à prendre des décisions politiques efficaces et il a assuré que la Russie montrait l’exemple au reste du monde s’agissant de lutter contre les difficultés économiques de manière responsable.

Il a lancé un avertissement à l’opposition russe de plus en plus active en affirmant que ce n’était pas parce que certaines personnes se considéraient comme des acteurs de la scène politique qu’ils étaient au-dessus des lois.

Depuis la campagne électorale présidentielle de cette année, l’opposition a organisé denombreuses manifestations anti-Poutine. Ces dernières semaines, des enquêteurs ont perquisitionné le domicile d’éminents leaders de l’opposition et de leur famille. Ils ont ensuite été interrogés par les autorités.

M. Poutine a promis d’être le dirigeant d’un Kremlin en pleine réforme et a coché de nombreux points sur la liste des améliorations qu’il s’était engagé à mettre en oeuvre, notamment en ce qui concerne l’application des lois, le système judiciaire, l’éducation, la santé et l’hébergement.

Article traduit de l’anglais par Amandine Gillet

Lien vers l’article source : http://www.euractiv.com/europes-east/putin-appoints-ombudsman-western-news-513494

Le prix de l’alcool augmente de 30 % en Russie

22 Juin

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A partir du 1er juillet, les boissons alcoolisées dépassant les 28 degrés augmenteront de 30 %. De nouveaux prix minimums pour les ventes au détail ont été définis.

Le prix de l’éthanol, utilisé comme base pour les boissons alcoolisées, augmentera également de 25 %. Aujourd’hui, Rossiskaya Gazeta a publié deux ordres des services fédéraux sur la réglementation du marché de l’alcool, qui reprennent ces deux amendements.

Il sera bientôt impossible d’acheter une bouteille d’un demi-litre de vodka pour moins de 125 roubles (3 euros). D’autres boissons fortes subiront une hausse des prix, comme le brandy et les boissons qui, dans leur processus de fabrication, sont mélangées à de l’alcool vinique, de vigne, d’arbres fruitiers, le cognac, etc. Une bouteille d’un demi-litre de ce type de boisson coûtera au minimum 190 roubles (4,50 euros) dans les magasins. Le cognac le moins cher se vendra au prix de 219 roubles (5,25 euros) la bouteille d’un demi-litre.

En outre, peu d’alcools seront vendus à ce prix-là. Ils pourront être en moyenne 20 à 30 % plus chers que les prix minimums de détail, a expliqué le directeur du Centre d’élaboration des politiques nationales sur l’alcool, Pavel Chapkin.

Il a cependant affirmé qu’aujourd’hui, certaines marques de vodka continuaient de se vendre en magasin au prix minimum d’application pour le moment, à savoir 98 roubles (2,35 euros).

« Si leur production se maintient, il est très probable que dans les magasins, ces marques de vodka se vendent au nouveau prix minimum », a précisé l’expert.

Aujourd’hui, selon lui, la production d’alcool fort est sérieusement réglementée et il est difficile de travailler dans ce secteur. Il est dès lors beaucoup moins aisé aujourd’hui pour les contrebandiers de vendre leurs produits bien souvent néfastes pour la santé.

Reste toutefois à régler le problème de la production domestique d’alcool artisanal.  Selon M. Chapkin, la hausse du prix minimum des boissons alcoolisées redonne un nouveau souffle à ce segment illégal du marché. « Du reste, si les gens ne produisent leurs boissons qu’à des fins de consommation personnelle, je ne vois pas où est le problème. Cela pourrait peut-être même permettre de réduire les empoissonnements à la vodka frelatée », a ajouté l’expert.

Cette nouvelle hausse des prix ne devrait en outre pas faire de mal au budget de l’Etat. « Pour les boissons autres que la bière, cette initiative devrait permettre de récolter 150 milliards de roubles  (3,5 milliards d’euros) en 2012 et 250 milliards (6 milliards d’euros) en 2013 », a ajouté M. Chapkin. Mais l’Etat ne s’arrêtera pas à la hausse de juillet sur la vodka, le brandy et le cognac. L’augmentation suivante est prévue pour le 1er janvier 2013. Les prix de détail minimums pour l’alcool fort grimperont alors à nouveau de plus de 30 %. En conséquence, le prix d’une bouteille de vodka sera de minimum 190 roubles (4,50 euros) et un an plus tard, en 2014, de 250 roubles (6 euros).

Selon les experts, le concept de « vodka bon marché » devrait donc bientôt disparaître de la société russe. La vodka haut de gamme à 400 roubles le demi-litre ne représentera plus que 5 % du marché. Les bouteilles dont le prix varie entre 200 et 350 roubles seront les plus vendues. Par le passé, la vodka bon marché ne représentait que 10 % environ de l’offre. Il y a deux ans, lorsque les premiers prix minimums ont été introduits pour la vodka, le but était de lutter contre l’alcool de piètre qualité. Cet objectif a été partiellement atteint. Toutefois, selon les experts, la hausse continue des accises pourrait faire croître se marché de 55 à 60 % d’ici 2014. Les consommateurs et les organismes de contrôle de la qualité des boissons doivent s’y préparer.

Auteur : Taras Fomchenkov – Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article source : http://www.rg.ru/2012/06/22/alko.html

Google s’en sort mieux que Yandex dans la lutte contre la pédopornographie

21 Juin

En juin 2011, l’organisation Drouzhestvenni Runet (« Internet bienveillant ») a analysé les résultats obtenus sur les moteurs de recherche d’images de Yandex et Google pour les expressions « детское порно » (« porno enfant » en français) et « child porn ».

Selon les chercheurs de Drouzhestvenni Runet, en tapant « детское порно » sur Yandex, 39 images montraient de la pornographie adulte sur les 100 premiers résultats et 7 des images avec des mineurs. En tapant « child porn », le résultat fut de 37 et 2 respectivement.

En comparant les résultats de l’étude de juin 2011 à celle réalisée un an plus tôt en 2010, force est de constater une nette augmentation des résultats pour les images de pornographie adulte. Ainsi, sur Yandex en juin 2011, en tapant « детское порно », 86 images pornographiques adultes apparaissaient dans les 100 premiers résultats.

Par contre, comme l’expliquent les spécialistes de Drouzhestvenni Runet, aucune réelle amélioration n’est à constater pour les images à caractère pédopornographique. Si l’on additionne les résultats pour les termes « детское порно » et  « child porn », en 2011 sur Yandex, 9 images représentant des enfants apparaissaient, contre 10 en 2010.

En comparaison, pour les recherches mentionnant les termes « детское порно » et « child porn » sur Google, seule une image sur 100 résultats revêtait un caractère pédopornographique.

Article source : http://ht.comments.ua/2011/06/16/265017/google-boretsya-detskim-porno.html

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Les élections russes sont-elles antidémocratiques ? La Cour européenne a tranché : la requête de l’opposition a été rejetée

20 Juin

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté la demande du Parti communiste de la Fédération de Russie, de Iabloko et d’une série d’hommes et femmes politiques concernant la présence inégale des candidats dans les médias lors des élections de 2003. La CEDH a estimé que le gouvernement n’avait pas manqué à son devoir lors de l’organisation des élections et que l’opposition avait eu l’occasion de s’exprimer dans la presse. Les plaignants ont qualifié cette décision de politique.

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Dans la décision publiée sur le site de la CEDH, il est indiqué que même si la couverture médiatique de la campagne de 2003 à la télévision n’a pas été égale, le gouvernement n’a pas failli à ses obligations s’agissant d’organiser des élections libres. Selon la CEDH, pour que des élections soient qualifiées de non libres conformément à la convention des droits de l’Homme, il ne suffit pas que la couverture médiatique soit inégale. En outre, la Cour est arrivée à la conclusion que la législation en vigueur à l’époque avait donné à l’opposition l’opportunité de profiter d’un accès minimum aux médias. Elle a ajouté qu’il était fait état du principe de la neutralité de la presse contrôlée par l’Etat dans ce texte de loi. La Russie a d’ailleurs pris une série de mesures pour garantir à l’opposition une certaine présence dans les médias, a souligné la CEDH dans sa décision.

Les représentants des partis concernés ont qualifié cette décision de politique. « La politique s’est immiscée dans la Cour européenne », a confié au Kommersant le responsable du service juridique du Parti communiste de la Fédération de Russie, Vadim Solovev. « La situation économique est très complexe en Europe. Je pense qu’ils comptent sur notre pétrole et notre gaz. D’un autre côté, la Cour peut difficilement prendre une décision qui ferait jurisprudence, car elle pourrait toucher d’autres « nouvelles démocraties » où les élections se déroulent dans des contextes tout aussi compliqués. Je pense surtout à l’Ukraine et à la Géorgie, toutes deux d’anciennes républiques de l’URSS. » Le coprésident du Parti républicain et de la liberté du peuple, Vladimir Ryzhkov, a tenu des propos similaires. « Bien que je qualifie rarement les décisions de la CEDH de politiques, en l’occurrence, c’est bel et bien le cas. Dix années se sont écoulées, la Cour de Strasbourg s’est trouvée dans une impasse : si elle reconnaissait le caractère illégitime de ces élections, elle n’aurait pas su comment gérer les retombées de sa décision. »

Pour rappel, quatre partis sont sortis vainqueurs des élections de 2003 et ont donc par la suite pu siéger à la Douma : Russie unie (37,7%), le Parti communiste de la Fédération de Russie (12,6 %), le Parti libéral-démocrate de Russie (11,4 %) et Patrie (9 %). Les autres formations politiques ne sont pas parvenues à dépasser la barre des 5 %. Iabloko a obtenu 4,3 % des voix et l’Union des forces de droite, 3,9 %. Après les élections, l’opposition a lancé plusieurs actions en justice pour réclamer l’annulation des résultats du scrutin. En plus des personnes morales, Iabloko et le Parti communiste de la Fédération de Russie, des personnes physiques se sont également engagées : Sergueï Ivanenko, Evgueni Kiselev, Dmitri Mouratov, Vladimir Ryzhkov, Irina Hakamada, Georgi Satarov et Vadim Solovev. Les motifs évoqués par les plaignants pour l’annulation des résultats des élections sont les problèmes constatés lors de la campagne, notamment l’inégalité de la couverture médiatique, le non-respect du protocole et l’utilisation par les partis au pouvoir de certains avantages. A l’issue d’une procédure de deux mois, la Cour Suprême russe avait refusé d’accéder aux demandes des partis qui s’estimaient lésés.

En 2005, les opposants se sont donc adressés à la CEDH. Ils se sont alors rassemblés au sein de l’organisation « Comité 2008 » de Garry Kasparov. Comme l’a expliqué Vadim Solovev, dans leur requête à la CEDH, les demandeurs ont pratiquement répété ce qu’ils avaient dit à la Cour Suprême, en adaptant leurs arguments au contenu de la convention internationale des droits de l’Homme. Ils ont non seulement mentionné l’inégalité de la couverture médiatique, mais aussi le manque d’objectivité de la Cour Suprême qui avait rejeté leur demande d’annulation du scrutin. Ils ont tenté de faire reconnaître par la Cour que les autorités russes n’avaient pas respecté leur droit à des élections libres et à bénéficier d’une défense efficace.

L’avocat Vadim Prohorov qui a travaillé sur la requête de l’opposition à la CEDH, a expliqué au Kommersant que les demandeurs avaient tenté de régler le problème des élections en Russie de manière civilisée et de combler des lacunes évidentes dans la législation électorale du pays, mais que cette décision n’apporterait aucune amélioration sur le plan démocratique. « Il est clair qu’en ce qui concerne l’indépendance des médias russes, la Cour européenne s’est fondée sur une comparaison avec les médias européens, mais ici, les médias électroniques dépendent totalement des autorités au pouvoir, un élément que la CEDH n’a pas pris en considération », a résumé M. Prohorov.

Natalia Bachlykova, Maria-Louisa Tirmaste – Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.kommersant.ru/doc/1962023

Ilia Yachin n’a répondu à aucune de leurs 56 questions

19 Juin

Les opposants Ilia Yachin et Ksenia Sobchak ont quitté la commission d’enquête le 12 juin dernier après leur interrogatoire. Les juges d’instruction les ont interrogés pendant plus de cinq heures. La correspondante de Kommersant FM, Daria Polygaeva, s’est confiée à Oksana Barikina juste après leur sortie.

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– Il paraîtrait que Mme Sobchak soit partie sans faire de déclaration à la presse. Qu’en est-il de Ilia Yachin ? 

– Oui, Mme Sobchak est sortie la première, mais elle n’a pas souhaité s’adresser aux journalistes et n’a fait aucun commentaire. Ilia Yachin est sorti ensuite, il avait l’air assez vif, un peu plus alerte que Ksenia Sobchak. Il a expliqué qu’on lui avait posé 56 questions et qu’il n’avait répondu à aucune d’entre elles. Quant au caractère de ces questions, il a affirmé qu’on l’avait interrogé sur ses sources de financements personnelles, sur celles de l’opposition, sur ses proches et ses parents. Il a invoqué l’article 51 de la Constitution qui stipule qu’il a le droit de ne pas s’incriminer en répondant à une question. Il est sorti du bâtiment de la commission d’enquête et est parti vers l’avenue Sakharov. Anastasia Oudaltsova est sortie à son tour et son avocate a précisé qu’on lui avait également posé 56 questions. Elle a quant à elle décidé d’y répondre. L’avocate a refusé de parler de la nature de ces questions, dans la mesure où elle s’était engagée à rester discrète. Cinq minutes avant, c’est l’avocate d’Alexeï Navalny qui est sortie, le même Alexeï Navalny que les journalistes ont attendu pendant près de 6h mais qu’ils n’ont pas pu apercevoir. Il aurait été emmené à la fondation de lutte contre la corruption. Son avocate a fait quelques vagues commentaires, affirmant qu’elle devait à son tour partir pour la fondation. Quelques journalistes ont souhaité s’y rendre et elle a alors précisé qu’il s’agissait d’une nouvelle perquisition.

– Et si Ilia Yachin, par exemple, refuse de parler, que va faire la commission ? 

– Il n’a pas parlé de ce que la commission d’enquête comptait faire. Peut-être que nous en apprendrons davantage de la part du représentant de la commission. Pour rappel, M. Markin, le représentant de la commission, avait déclaré que tous les opposants entendus aujourd’hui n’étaient interrogés qu’en qualité de témoins des événements du 6 mai dernier. Une demi-heure plus tôt, ici, est arrivé M. Nemtsov, lui aussi amené pour un interrogatoire, directement depuis l’avenue Sakharov, où se tenait un meeting. Il est entré dans le bâtiment il y a une demi-heure et son interrogatoire se poursuit en ce moment même.

– Et M. Oudaltsov n’est pas venu ? Pour autant que je sache, il a lui aussi été convoqué et pourtant, il était sur scène. 

– M. Oudaltsov n’est pas venu. Son avocate a par ailleurs démenti l’information selon laquelle il avait été convoqué. Elle a montré à la presse la deuxième convocation de M. Oudaltsov. Sur ce document, il était mentionné qu’il avait été convoqué à la commission demain à 11h. Une chose est sûre, M. Oudaltsov ne s’est pas rendu dans ce bâtiment aujourd’hui, étant donné que son rendez-vous était prévu pour demain.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article source : http://www.kommersant.ru/doc/1957207

Nouvelle « Marche des millions » à Moscou

12 Juin

Les participants à la manifestation ont scandé les noms d’Alexeï Navalny, d’Ilia Yachin et des autres opposants interrogés par la commission d’enquête russe. Des échauffourées auraient également eu lieu entre les manifestants et la brigade anti-émeute.

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Le coordinateur du mouvement « Front de gauche », Sergueï Oudaltsov, à la Marche des millions. Photo :  Ramil Sitdikov/RIA Novosti

La Marche des millions a débuté ce mardi à 13h au croisement du boulevard Strastnoï et de la rue Petrovska. Pendant que le cortège continuait d’avancer, les manifestants qui arrivaient ont dû passer par des détecteurs de métaux installés pour cette occasion avant d’arriver sur le boulevard.

Près des détecteurs de métaux, un homme avec un mégaphone a invité les forces de gauche à former une file du côté gauche du boulevard et celles de droite à se placer du côté droit. Les centristes et les autres mouvements ont été sommés de défiler au milieu.

En conséquence, du côté gauche se sont retrouvés : les nationaux-bolchéviques, le parti démocrate du peuple, les militants du mouvement LGBT et les communistes. A droite : « Iabloko », « Solidarnost », les nationalistes et les autres. Au centre, se sont surtout rassemblés les curieux et les badauds.  Dans le cortège, les discussions allaient bon train sur Alexeï Navalny, Ilia Yachin et les autres opposants dont les domiciles ont été perquisitionnés lundi.

Le nom du président a lui aussi été cuisiné à toutes les sauces.

« Poutine a de gros problèmes », a expliqué une jeune femme en robe rose. « Nous sommes déjà 80 000 et les personnes continuent d’affluer. »

« Peu importe, ils écriront que seules 500 personnes sont venues », a ajouté son compagnon.

A plusieurs reprises, la foule a scandé « Poutine, truand ! » en frappant des mains. Des rumeurs ont circulé sur des affrontements avec la brigade anti-émeute, mais ces informations n’ont pas encore été confirmées.

A 14h, la majorité des manifestants avait atteint la moitié du parcours, la place Troubnaya. Pendant ce temps, sur l’avenue Sakharov, des partisans de l’opposition commençaient à se rassembler pour un meeting et n’ont pas donc pas continué le cortège. Les participants ont dû à nouveau passer à travers des détecteurs de métaux. Selon les estimations du correspondant de Vedomosti, environ 4000 personnes étaient présentes pour ce meeting. Sergueï Oudaltsov était également présent, non loin de la scène.

Selon ministère de l’intérieur, à 14h, 18 000 personnes s’étaient déplacées. D’après les organisateurs, en revanche, le meeting et le cortège auraient rassemblé 50 000 personnes.

Conformément à l’itinéraire choisi, les manifestants de la Marche des millions sont passés par le boulevard Strastnoï, la rue Petrovska, la rue Rozhdestvenskaya, le boulevard Sretenskoï et la place Tourgueniev, avant de revenir sur l’avenue de l’académicien Sakharov. A 15h, le meeting de l’opposition devrait débuter sur l’avenue Sakharov.

La Marche des millions est la première action depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sur les rassemblements. Le président Vladimir Poutine a promulgué une loi amendant le Code sur les infractions administratives. Conformément à ce nouveau texte, l’amende minimum pour les participants à une action non autorisée sera de 10 000 roubles (243 euros). L’amende minimum était auparavant de 1000 roubles (24 euros).

Hier, les appartements d’une série d’opposants (Alexeï Navalny, Sergueï Oudaltsov, Ilia Yachin et Ksenia Sobchak) ont été perquisitionnés suite à la manifestation du 6 mai dernier sur la place Bolotnaya. Tous les opposants dont les domiciles ont été perquisitionnés dans le cadre de l’enquête ont été interrogé ce mardi à 11h.  Ce matin, le coordinateur du « Front de gauche », Sergueï Oudaltsov, a déclaré qu’il avait remis à son avocat une demande pour ne pas assister à l’interrogatoire, afin de pouvoir maintenir l’ordre lors de la Marche des millions.  MM. Navalny et Yachin, ainsi que Mme Sobchak se sont rendus à leur interrogation.

Auteurs : Maria Zheleznova, Elena Miazina, Ioulia Kotova, Alexeï Iablokopv – Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.vedomosti.ru/politics/news/1842610/marsh_millionov#ixzz1xZooRKnK

Perquisitions chez des leaders de l’opposition

11 Juin

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Aujourd’hui (11 juin), le juge d’instruction de la commission d’enquête et plusieurs agents de la police moscovite ont mené des perquisitions chez les organisateurs du rassemblement qui s’est tenu sur la place Bolotnaya à Moscou le 6 mai dernier. Ils ont également perquisitionné le domicile de plusieurs participants à cette manifestation.

Le porte-parole de la commission d’enquête, Vladimir Markin, a déclaré à Rossiskaya Gazeta que des perquisitions avaient déjà été menées chez Alexeï Navalny, Sergueï et Anastasia Oudaltsov, Ilia Yachin et Ksenia Sobchak. Plus d’une dizaine de perquisitions sont encore prévues aujourd’hui.

Les autorités ont décidé de perquisitionner chez ces militants suite à l’arrestation et à l’interrogatoire d’une série de participants ayant fait usage de la force contre les représentants des forces de l’ordre lors de la fameuse « Marche des millions ». Suite à ces actes de violence contre les membres de la police, une enquête a été ouverte.

Il faut noter que ces perquisitions ont été menées en conformité avec les dispositions du Code de procédure pénale, sur la base d’une décision de justice et en présence de trois témoins, a précisé Vladimir Markin. Les allégations selon lesquelles les avocats n’auraient pas pu s’entretenir avec leurs clients ne seraient donc pas fondées. Dans le cas d’Alexeï Navalny, par exemple, l’avocat en charge du dossier a été admis sur les lieux après avoir présenté au juge d’instruction la preuve qu’il représentait son client dans cette affaire. Les autres personnes impliquées n’ont pas déposé de réclamation quant à la présence de leur avocat, mais si elles décident de le faire, leur requête sera examinée.

Toujours selon les informations du service de presse de la commission d’enquête, les individus dont les domiciles ont été perquisitionnés seront interrogés demain (12 juin).

Les enquêteurs ont en outre demandé l’arrestation de Iaroslav Belousov, suspecté d’avoir participé aux émeutes du 6 mai dernier. Le nombre de personnes arrêtées pour des actes liés à ces émeutes s’élevait déjà à 12. Hier, les membres des forces de police de la ville de Moscou ont arrêté plusieurs suspects, dont Richard Sobolev, né en 1990, Vladimir Akimenkov, né en 1987, Oleg Arhipenkov, né en 1985, Fedor Bahov, né en 1981 et Alexandre Kamenski, né en 1977.

Le service de presse de la commission d’enquête a déclaré que d’après les données de l’enquête, ils avaient tous participé aux émeutes sur la place Bolotnaya. Ils sont donc pénalement responsables conformément à l’article 212 du Code pénal russe. Lors des perquisitions, des bases de données électroniques et les vêtements qu’ils portaient lors du rassemblement ont été saisis. Une cagoule et un drapeau portant l’inscription ДПНИ (mouvement contre l’immigration illégale) ont également été saisis au domicile de M. Sobolev.

Sept autres militants ont déjà été arrêtés : Alexandra Douhanina, Andreï Barabanov, Maxime Louzianin, Mikhaïl Kosenko, Stepan Zimin, Denis Loutskevitch et Iaroslav Belousov.
Les enquêteurs poursuivent leur travail et comptent bien arrêter tous les organisateurs et les participants responsables des émeutes sur la place Bolotnaya.

La date de clôture de l’enquête a été repoussée au 6 novembre prochain.

Auteurs : Natalia Kozlova, Mikhaïl Falaleev – Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers le texte original : http://www.rg.ru/2012/06/11/obyski-site.html

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