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Le Parquet n’exclut pas que le reportage de Dozhd relève de l’extrémisme

31 Jan

Une enquête est lancée sur la chaîne télévisée, à la suite d’un reportage-choc sur le siège de Leningrad

30.01.2014

L’affaire de l’interruption partielle de la diffusion de la chaîne télévisée « Dozhd » sur le réseau de télévision câblée se poursuit. Aujourd’hui, le parquet de Saint Petersbourg a ouvert une enquête suite aux propos d’un citoyen qui aurait été choqué par le reportage de la chaîne « Dozhd » sur le siège de Leningrad.

Le 27 janvier, la chaîne a diffusé dans le cadre de son émission Dilettante un reportage intitulé « Aurait-il fallu céder Leningrad pour épargner des milliers de vies ? ». Ce reportage a immédiatement suscité le mécontentement de certains députés de la Douma d’État qui se sont adressés au procureur général Iouri Tchaïka, afin que celui-ci mène une enquête sur la chaîne télévisée.

Le parquet de Saint Petersbourg a affirmé que l’enquête avait été lancée suite à la déclaration d’un citoyen dont le parquet ne cite pas le nom. « Nous ne savons rien sur lui. À part le secrétaire qui a réceptionné la déclaration, personne ne l’a vu. Il faut encore qu’on l’interroge », a déclaré aux  RIA Novosti une source du parquet de la ville. Elle a cité des extraits de la lettre du requérant pour l’agence de presse : « Sur la chaîne télévisée Dozhd, les questions qui ont été posées étaient blessantes pour les vétérans de la Grande guerre nationale qui ont défendu Leningrad pendant le siège ». Selon le parquet, il est nécessaire de déterminer si la chaîne a dépassé les limites à la veille de la date anniversaire de la fin du siège de Leningrad.

« Nous n’excluons pas que dans ce cas, il puisse s’agir d’extrémisme, à savoir des actions qui incitent à la haine ou à l’animosité, portent atteinte à la dignité de certains individus ou groupes d’individus, des actes relevant du droit pénal », a déclaré à Itar-Tass l’assistante du procureur de la ville chargée des relations avec la presse, Marina Nikolaeva. Elle a ajouté que les premiers résultats de l’enquête ne seraient pas disponibles avant la semaine prochaine. « Nos collaborateurs analysent en ce moment le contenu du reportage », a poursuivi Mme Nikolaeva.

Mercredi, Akado et EP-Telecom (marque commerciale : Dom.ru) ont interrompu la diffusion des programmes de la chaîne Dozhd. Jeudi, Trikolor TV a envoyé un avertissement officiel à Dozhd, prévenant la chaîne qu’il était possible que sa diffusion soit interrompue si elle ne modifiait pas sa politique de contenu dans les trente jours. Selon TNS Russia, au cours de la période s’étalant d’août à octobre 2013, Dozhd n’est pas parvenue à percer dans le top 20 des chaînes thématiques (diffusées sur le câble ou par satellite) en moyenne mensuelle pour les auditeurs de plus de quatre ans. Dans l’ensemble de la Russie, son auditoire ne dépasse pas les 11 millions de téléspectateurs. En décembre 2013, le site Internet de Dozhd a attiré au moins une fois sur le mois plus de 2,8 millions de visiteurs russes âgés de 12 à 64 ans. À Moscou, le site Internet de Dozhd a accueilli 728 mille visiteurs, 175 mille à Saint Petersbourg et 48,3 mille à Ekaterinbourg.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.kommersant.ru/Doc/2395402

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Roskomnadzor : la chaîne Dozhd a enfreint la loi sur les médias de masse

31 Jan

Le Roskomnadzor (Service fédéral de supervision des médias de masse et des technologiques de la communication et de l’information) estime que la chaîne télévisée Dozhd, qui a diffusé une enquête sur le siège de Leningrad, a enfreint l’article 49 de la loi relative aux médias de masse. C’est ce que révèle une lettre de l’adjoint du dirigeant du Roskomnadzor, Maxime Ksenzov, adressée à la rédaction de la chaîne et citée par l’agence de presse Ria Novosti.  Selon l’article 24 de la loi relative aux médias de masse, les journalistes dans l’exercice de leur fonction doivent respecter les droits et les intérêts légaux des citoyens. Selon le Roskomnadzor, la chaîne a enfreint cette disposition. « Ce type de questions et de déclarations peut être considéré comme blessant pour les vétérans de la Grande guerre nationale et les citoyens qui ont vécu le siège de Leningrad », peut-on lire dans la lettre du Roskomnadzor. Le Roskomnadzor a exigé du rédacteur en chef de la chaîne qu’à l’avenir, il respecte scrupuleusement la législation en vigueur en Fédération de Russie.

Le 27 janvier, la chaîne a diffusé dans le cadre de son émission « Dilettante » un reportage intitulé « Aurait-il fallu céder Leningrad pour épargner des milliers de vies ? ». Ce reportage a immédiatement suscité le mécontentement de certains députés de la Douma d’État qui se sont adressés au procureur général Iouri Tchaïka, afin que celui-ci mène une enquête sur la chaîne télévisée.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.kommersant.ru/doc/2395768

Pour en savoir plus : https://lapresserusse.wordpress.com/2014/01/31/le-parquet-nexclut-pas-que-le-reportage-de-dozhd-releve-de-lextremisme/

Novaya Gazeta soumet une pétition à la Douma pour réclamer sa dissolution

10 Jan

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Photo : Novaya Gazeta

La chambre basse du parlement russe examine la question de sa dissolution après que Novaya Gazeta a lancé une pétition à ce sujet rassemblant plus de 100 000 signatures vérifiées de citoyens. C’est ce qu’a annoncé le média RSN en référence à une déclaration du vice-président de la Douma, le secrétaire du conseil général du parti Russie unie, Sergueï Neverov. Il a confirmé que les députés étaient prêts à examiner des propositions de cet ordre, mais il a rappelé que dans ce cas-ci, il serait nécessaire de consulter les 60 millions d’électeurs qui se sont présentés aux urnes.

Novaya Gazeta a commencé à récolter des signatures en faveur de la dissolution de la sixième Douma d’État le 24 décembre dernier, trois jours après que les députés ont adopté en troisième lecture une loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des citoyens américains. Dans la nuit du 9 au 10 janvier, la pétition a rassemblé le nombre de signatures nécessaire pour être examinée par la chambre basse du parlement.

Jusqu’à présent, 106 000 personnes y ont déjà apposé leur signature. Les citoyens ont jusqu’au 1er février pour soutenir la proposition.

Quelques jours avant le lancement de cette action (nommée #давайраспускайся par le journal), Novaya Gazeta avait rassemblé et remis à la Douma 103 000 signatures contre l’adoption de la loi « Dima Yakovlev ». Lors d’une grande conférence de presse le 20 décembre, le président russe, Vladimir Poutine, avait promis que si une pétition contre ce projet de loi était soumise, la Douma d’État l’examinerait. La pétition présentée par le journal de l’opposition contre la loi « anti-Magnitski » n’a pourtant eu aucun effet.

La loi « Dima Yakovlev » a été ainsi nommée en souvenir d’un petit garçon âgé d’un an et demi, Dima Yakovlev, qui avait été adopté par un couple d’Américains en février 2008. Au bout de quelques mois, en juillet, l’enfant est décédé après que son père adoptif l’a laissé pendant neuf heures enfermé dans sa voiture sous 30 degrés. Le père, Michael Harrison, avait par la suite été acquitté.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.utro.ru/articles/2013/01/10/1094142.shtml

Le journaliste Oleg Kachine renvoyé du Kommersant

28 Nov

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Un correspondant du journal Kommersant, Oleg Kachine, a été renvoyé. Cette information, diffusée par Lenta.ru, a été confirmée par le rédacteur en chef du Kommersant, Mihaïl Mihaïline. « La raison de ce renvoi réside dans la faible quantité d’articles écrits par M. Kachine. C’est tout. Il fallait travailler plus », a déclaré M. Mihaïline. Selon Lenta.ru, M. Kachine continuera de collaborer avec la rédaction en tant que pigiste pour la radio Kommersant FM dans le cadre du programme Tochka zrenia (« Point de vue » en français).

La veille du licenciement de M. Kachine, Lenta.ru avait déjà annoncé la nouvelle après avoir consulté plusieurs sources du Kommersant. Selon leur témoignage, le 22 novembre, le journaliste a participé à une dernière réunion avec la direction, et le lendemain, il a rassemblé ses affaires avant de quitter les locaux. Le journaliste et la direction ont conclu un accord de confidentialité sur tous les éléments en lien avec son licenciement.

M. Kachine travaillera désormais pour le portail Openspace.ru. Son rédacteur en chef, Maxime Kovalski, a confirmé l’information à Lenta.ru. Ces derniers temps, le journaliste avait intensifié sa collaboration avec ce portail.

Des sources du Kommersant ont expliqué que le conflit qui opposait M. Kachine et la direction avait empiré au cours de l’été. À titre d’exemple, l’interview qu’a réalisée M. Kachine avec Ksenia Sobchak et qui a été publiée sur le site Afichi, n’a pas plu au Kommersant. Toutes les opinions exprimées dans cet entretien ne correspondaient pas aux visions de M. Mihaïline.

Pendant toute cette période, il a été reproché à M. Kachine de trop peu travailler pour le Kommersant et de passer son temps à écrire pour d’autres publications. La goutte qui a fait déborder le vase a été la participation du journaliste aux élections du Conseil de coordination de l’opposition. Au sein de la rédaction, selon les sources consultées par Lenta.ru, on estime que la participation du correspondant à des activités politiques relève du conflit d’intérêts.

Au cours des derniers mois, M. Kachine n’a écrit des articles que pour la radio Kommersant FM. Le nombre d’articles a ensuite décru pour passer de cinq à un seul article par semaine.

M. Kachine s’est quant à lui refusé à tout commentaire.

Article original : http://lenta.ru/news/2012/11/26/kashin

Article traduit du russe par Amandine Gillet

La grossièreté, ça coûte cher dans les médias russes

5 Nov

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Photo : Pravda.ru

En octobre dernier, les députés ont proposé d’augmenter à 200 000 roubles les amendes imposées aux médias qui se montreraient grossiers et de protéger contre ce type de propos indécents non seulement les enfants, mais également les adultes.  Le projet de loi en question a déjà été examiné par la Douma d’État de la Fédération de Russie.

Des députés de Russie unie y ont apporté des changements. Comme l’a rappelé le vice-président de la Douma, Sergueï Zhelezniak, actuellement, les amendes ne concernent que les voyous qui jurent dans les lieux publics. En outre, il y a peu, une nouvelle loi « Sur la protection des enfants contre les informations pouvant porter atteinte à leur santé ou à leur développement » est entrée en vigueur, mais elle ne visait que les injures prononcées dans les médias dont le public est composé d’enfants et d’adolescents.

La Douma reçoit par ailleurs de nombreuses plaintes de citoyens concernant les grossièretés dans les médias télévisuels. C’est ce qu’a révélé le Service fédéral de surveillance dans le domaine des technologies de l’information et de la communication de masse (Roskomnadzor), avant de proposer d’imposer des amendes aux médias.

Vedomosti a rapporté que des députés avaient proposé que la loi sur les propos indécents soit élargie à toutes les émissions et publications. Conformément à ce projet de loi, l’amende maximale qui pourrait être imposée à une personne morale serait de 200 000 roubles. Pour les simples citoyens, cette amende pourrait osciller entre 2000 et 3000 roubles.

Les Izvestia ont rappelé que des plaintes avaient été déposées contre les programmes « Dom-2 » (Maison-2), « Kannikouli v Meksike » (Vacances au Mexique), « 100500 » et « Comedy Club » diffusés sur les chaînes TNT, Muz-TV et MTV. Le Service fédéral de surveillance des médias a en outre dénoncé l’utilisation de vocabulaire indécent dans la presse écrite et en ligne, comme sur le site Internet de la radio « Écho de Moscou », dans les publications électroniques « Ridous », « Grani.ru », « Svabodnaya pressa » (Presse libre) et dans le journal « Andy Warhol’s Interview ». Le Service fédéral de surveillance a envoyé une lettre à tous ces médias pour leur faire part du caractère inadmissible de leur vocabulaire.

Lien vers l’article original en russe : http://www.pravda.ru/news/society/24-10-2012/1132228-mat-0/

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Une rue de Saint Pétersbourg portera le nom d’Anna Politovskaya

8 Oct

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Anna Politovskaya, une journaliste de Novaya Gazeta, a été assassinée il y a six ans, le 7 octobre 2006, dans l’entrée de son immeuble à Moscou. Hier, des centaines, voire des milliers de Moscovites ont apporté des fleurs à l’endroit de sa mort. La cérémonie d’hommage à la journaliste qui s’est tenue sur la place Novopouchkinskaya a rassemblé près de 200 personnes.  Les autorités moscovites ont fait honneur à leur réputation : jeudi, ils ont refusé d’approuver l’organisation de ce rassemblement à deux pas, sur la place Pouchkinskaya, proposant d’honorer la mémoire de Mme Politovskaya sur le boulevard Iaouzski ou près du monument Souvorov.

La mort de Mme Politovskaya et le déroulement de l’enquête sur cette affaire reflètent l’attitude du gouvernement russe et d’une partie de la société vis-à-vis des journalistes. Peu après sa mort, Vladimir Poutine avait déclaré que le meurtre de la journaliste avait causé plus de tort à la Russie que ses articles. Nombreux sont ceux qui ont pris cet événement comme un avertissement : les journalistes qui écrivent sur des sujets sensibles et les défenseurs des droits de l’Homme portent préjudice à l’État et personne ne prendra leur défense. Ce crime impuni, les passages à tabac et les menaces adressées aux journalistes ne choquent plus personne dans les médias russes. Entre 2007 et 2011, selon les données du Fonds de défense de la transparence, 40 journalistes ont perdu la vie. Oleg Kachin de Kommersant et le rédacteur en chef de Himkinskaya Pravda, Mikhaïl Beketov, sont toujours vivants, un vrai miracle. Les grandes affaires ne font pas l’objet d’enquêtes menées dans les formes. Les assassins de Mme Politovskaya, du rédacteur en chef de Forbes Russie, Pavel Klebnikov, de Natalia Estemirova, les agresseurs d’Oleg Kachine et de Mikhaïl Beketov n’ont jamais été punis.

Cette impunité incite au crime et créer une atmosphère de terreur qui empêche les journalistes de travailler. Certaines enquêtes ont toutefois été menées à bien : les meurtres d’Anastasia Babourova et de l’avocat Stanislav Markelov à Moscou en janvier 2010 ont été punis, les coupables ont été jugés. En août 2012, l’un des coupables du meurtre d’Anna Politovskaya, l’ancien officier de police Dmitri Pavlioutchenkov, a été jugé. Nous espérons tous que les meurtres de journalistes seront punis. Nous saluons l’initiative prise à Saint-Pétersbourg de donner le nom d’Anna Politovskaya à une rue de la ville.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.vedomosti.ru/opinion/news/4735161/ulica_politkovskoj#ixzz28hqnMXjv

Anna Politovskaïa : l’enquête sur Dmitri Pavlioutchenkov est terminée

22 Août

L’enquête criminelle sur l’ancien membre des forces de police de Moscou Dmitri Pavlioutchenkov est terminée. L’homme est accusé du meurtre de la journaliste de Novaya Gazeta Anna Politovskaïa. C’est ce qu’a annoncé l’avocat de M. Pavlioutchenkov, Karen Nersesian.

Il a expliqué que lui et son client avaient pu prendre connaissance des éléments de l’enquête après les parties civiles. Il a ajouté que ces éléments pourraient être transférés au tribunal de la ville de Moscou dès septembre pour le procès.

Le représentant officiel de la Commission d’enquête russe, Vladimir Markine, avait précédemment déclaré que le prévenu avait reconnu les faits et coopérait activement avec les enquêteurs. Son dossier sera donc traité séparément. Conformément à la loi, sa peine ne sera pas supérieure à deux tiers du châtiment maximal prévu pour les faits qui lui sont reprochés. Dans la version finale de l’acte d’accusation, M. Pavlioutchenkov sera jugé conformément à l’alinéa 2 de l’article 105 et l’alinéa 3 de l’article 222 du Code pénal de la Fédération de Russie (meurtre d’une personne exerçant ses fonctions perpétré par un groupe de personnes rémunérées pour cet acte et trafic illicite d’armes à feu).

Anna Politovskaïa, une célèbre journaliste d’investigation, a été assassinée dans la cage d’ascenseur de son immeuble à Moscou le 7 octobre 2006. L’enquête se fonde sur l’hypothèse que son meurtre a un lien avec ses activités professionnelles.

Six personnes ont été accusées d’avoir commis ce crime :  Lom-Ali Gaïtoukaïev, l’organisateur présumé de l’assassinat, l’ancien colonel de la police Dmitri Pavlioutchenkov, l’ex-fonctionnaire du ministère de l’intérieur Sergueï Khadzhikourbanov et les trois frères Mahmoudov, dont l’un (Roustam) serait l’auteur du meurtre, selon l’enquête. Les autorités ont arrêté M. Pavlioutchenkov fin août 2011.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://rg.ru/2012/08/21/delo-anons.html

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