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« Dieu merci, Nicolaï Vladimirovitch n’avait pas amené de tronçonneuse ! »

15 Août

Les candidats à la mairie de Moscou ont participé à leur deuxième débat

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Photo :  Iouri Martianov / Kommersant

Le débat organisé par la chaîne de télévision Moskva 24 a dès le début été interrompu par Alexeï Navalny (Parti républicain de Russie/Parti de la liberté du peuple, ou RPR-PARNAS) qui, en réponse à une question sur les parkings payants, a commencé à parler de ses partisans dont l’appartement avait été perquisitionné la veille par les forces de l’ordre en présence du leader du parti « Russie juste », Nicolaï Levitchev. M. Levitchev a quant à lui affirmé que la lutte contre la « littérature interdite » justifiait les moyens déployés.

Moskva 24 s’attendait à ce que le débat s’oriente vers les perquisitions menées dans le but de révéler les procédés illégaux de propagande mis en place par Alexeï Navalny. L’animateur du débat avait pourtant posé une question sur les parkings payants. Alexeï Navalny a toutefois préféré parler des événements de la veille, lorsque la police et des officiers du ministère des situations d’urgence ont défoncé la porte de l’appartement de certains de ses partisans. Grâce à une information fournie par le leader du parti « Russie juste », Nicolaï Levitchev, la police a pu saisir le matériel de propagande trouvé dans l’appartement. M. Navalny a affirmé que les forces de l’ordre avaient « intimidé et arrêté ses partisans ». Selon lui, cette affaire fait suite à l’enquête qu’il a lancée sur l’appartement de la fille de Sergueï Sobianine, dont la valeur dépasse le salaire que le maire par intérim aurait gagné en dix ans.

Aujourd’hui, conformément à l’article 19.3 du Code russe des infractions administratives (désobéissance aux membres des forces de l’ordre) le tribunal de l’arrondissement moscovite de Basmanny a condamné les quatre militants qui se trouvaient dans l’appartement à des peines allant d’une amende de 1000 roubles à 10 jours de prison. Les militants emprisonnés ont affirmé que les policiers n’avaient pas de mandat de perquisition, qu’ils avaient tenté d’ouvrir la porte, qu’ils avaient même lancé les clés aux agents des forces de l’ordre, mais que la porte était bloquée. « Dieu merci, Nicolaï Vladimirovitch n’avait pas amené de tronçonneuse », a plaisanté Mikhaïl Degtiarev en parlant du leader de « Russie juste ».

Alexeï Navalny a demandé à Nicolaï Levitchev, qui a « presque scié la porte personnellement », s’il pouvait lutter contre la corruption, tout en rédigeant des déclarations à l’intention de ses partisans. M. Navalny a souligné que « Russie juste » avait reçu 200 000 roubles. Le parti pourrait employer son temps plus efficacement, mais il ne fait rien pour la ville de Moscou, a-t-il ajouté. Nicolaï Levitchev n’a pas jugé utile de se justifier. Selon lui, « Russie juste » critique le pouvoir, mais cette lutte ne requiert pas l’utilisation de méthodes illégales.

Le leader du parti « Iabloko », Sergueï Mitrokhine, a demandé à Mikhaïl Degtiarev pourquoi il ne retirerait pas sa candidature, dans la mesure où il est originaire de Samara, contrairement à lui qui a toujours vécu à Moscou. Le candidat du Parti libéral-démocrate de Russie a expliqué dans sa réponse que 80 % des habitations de la capitale étaient achetées par des travailleurs issus d’autres régions russes.

« On me coupe toujours la parole », a déploré le candidat du Parti communiste de la Fédération de Russie, Ivan Melnikov. Il a demandé à M. Mitrokhine pourquoi, selon lui, des places étaient détruites et pourquoi les dirigeants ne dialoguaient pas avec la population. « Parce qu’ils sont venus de loin à Moscou, parce qu’ils n’aiment pas et ne respectent pas les Moscovites », a répondu sans surprise M. Mitrokhine.

Si les élections municipales moscovites se déroulaient ce week-end, la victoire irait à Sergueï Sobianine qui, selon les sondages, obtiendrait 67 % des voix. Ces chiffres ont été révélés par VTsIOM le 14 août. Alexeï Navalny arriverait à la deuxième place.

Taïsia Bekboulatova, Sergueï Goriachko – Article traduit partiellement du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original en russe : http://kommersant.ru/doc/2255603

Lien vers le débat télévisé : http://www.youtube.com/watch?v=n6WGK2sIhBM

Bientôt plus de voitures de luxe pour les fonctionnaires russes

10 Juil

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Photo : Evgueniï Feldman / Kommersant

Le célèbre blogueur Alexeï Navalny, opposant au régime en place et candidat à la mairie de Moscou, est parvenu à collecter plus de 100 000 signatures en faveur de son initiative visant à interdire aux fonctionnaires de conduire des voitures trop luxueuses (plus de 1,5 million de roubles). L’initiative a été officiellement enregistrée sur le site « Российская общественная инициатива » (en français : « Initiative publique russe » ou IPR). Le projet de loi proposé par M. Navalny sera examiné par la Douma d’État, à condition que la Commission chargée des IPR donne son feu vert.

M. Navalny a déjà récolté 100 250 signatures en faveur de son initiative dont l’objectif est d’interdire aux fonctionnaires, aux membres d’entreprises d’État et d’entreprises sous le contrôle de l’État d’acheter des véhicules d’une valeur supérieure à 1,5 million de roubles. L’initiative a été enregistrée sur le site officiel le 5 avril et la collecte des signatures se poursuit.

Cette initiative prévoit un projet de loi que les signataires souhaitent voir examiné par la Douma d’État. Pour rappel, toute initiative publique enregistrée sur le site des IPR et récoltant plus de 100 000 signatures doit obligatoirement être examinée par la Douma. Toutefois, avant d’être soumise à la Douma, l’initiative doit être examinée par la Commission chargée des IPR. La possibilité pour les citoyens de soumettre ce type d’initiatives était l’une des promesses électorales du président, Vladimir Poutine.

L’attachée de presse de M. Navalny, Anna Bedouta, a expliqué au Kommersant qu’elle ne s’était pas encore entretenue avec son patron concernant les prochaines étapes de son projet, mais qu’il ne manquerait pas de s’exprimer sur le succès de son initiative dans les jours qui viennent.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.kommersant.ru/doc/2230599

Le Parti pirate redouble d’efforts pour se faire reconnaître en Russie

3 Fév

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Le président du Parti pirate, Pavel Rassoudouv

Photo : Maxime Poliakov/Kommersant

Le Parti pirate de Russie, dont l’enregistrement à de nouveau été refusé par le ministère de la justice mi-janvier en raison de son nom, a élaboré un nouveau plan pour obtenir un statut officiel. Cette fois-ci, les « pirates » ont créé deux comités d’organisation de parti, l’un prenant le nom de « Tentons de changer la réalité ».

Le président du parti, Pavel Rassoudov, a déclaré à Kommersant que le deuxième comité avait été créé pour parer à toute éventualité, dans la mesure où le parti s’attend à ce que sous la dénomination « Parti pirate de Russie », le ministère de la justice se borne à refuser son enregistrement. « Peu importe l’insistance du ministère de la justice, nous ne modifierons pas notre nom, c’est une question de principe. En réponse à l’argument selon lequel des partis pirates existent dans d’autres pays et sont entrés au parlement, ils nous ont répondu : dans ces pays, le mariage homosexuel est également une pratique courante. Aujourd’hui nous enregistrons des pirates, et demain, nous commencerons à enregistrer des mariages gays », a-t-il expliqué.

Comment ce parti s’est-il fait connaître ?

Le parti a présenté le projet « Rosskomsvoboda » (ou RuBlackList dans la version anglaise), un site qui donnera accès à toutes les ressources qui, selon les « pirates », ont été placées à tort sur la liste noire des sites web interdits.

Les membres du parti envisagent à présent d’entamer des poursuites judiciaires pour contrer les refus d’enregistrement de leur parti. Pour rappel, la raison pour laquelle le ministère a refusé l’enregistrement du parti mi-janvier est que la piraterie est une activité criminelle et ne peut donc être l’objet revendiqué d’un parti. Pavel Rassoudov a affirmé à Kommersant que le ministère de la justice pensait que l’objet du parti était « la piraterie en mer et la contrefaçon », alors que le parti a bel et bien expliqué que ce n’était pas le cas. Il a souligné que la décision du ministère était « illégale sur le plan juridique et donc motivée par des raisons politiques ». L’année dernière, le ministère de la justice avait déjà refusé la demande des « pirates », prétextant l’irrecevabilité de l’utilisation de ce nom.

« Au ministère, on nous a confirmé que les services du président avaient recommandé à demi-mot de ne pas nous enregistrer sous ce nom. C’est là que le bât blesse et nous ne baissons donc pas les bras. Tôt ou tard, la situation devra changer », a déclaré M. Rassoudov.

L’objectif du parti de Pavel Rassoudov est de participer aux prochaines élections de la Douma d’État : « rassembler minimum 3 % des voix pour pouvoir bénéficier de financements publics ».

M. Rassoudov a également expliqué que lundi, les membres du parti avaient lancé une attaque DDoS contre le site du ministère de la justice, qui a déjà pris fin : « Plusieurs motifs de refus nous ont été communiqués. La loi prévoit la motivation de tous les points de l’article de loi, alors que dans notre cas, seule une motivation globale a été effectuée. Nous avons envoyé une lettre sous forme électronique, afin que l’on nous explique les points qui, même du point de vue de la logique de la langue russe, n’ont pas de sens quant au refus qui nous est renvoyé. « Selon nous, le ministère de la justice est une boîte noire, elle réagit comme le chien de Pavlov, vous le stimulez et vous attendez de voir sa réaction. La bureaucratie a raison de la démocratie », a-t-il ajouté.

Taisia Bekboulatova – Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.kommersant.ru/doc/2117652

Novaya Gazeta soumet une pétition à la Douma pour réclamer sa dissolution

10 Jan

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Photo : Novaya Gazeta

La chambre basse du parlement russe examine la question de sa dissolution après que Novaya Gazeta a lancé une pétition à ce sujet rassemblant plus de 100 000 signatures vérifiées de citoyens. C’est ce qu’a annoncé le média RSN en référence à une déclaration du vice-président de la Douma, le secrétaire du conseil général du parti Russie unie, Sergueï Neverov. Il a confirmé que les députés étaient prêts à examiner des propositions de cet ordre, mais il a rappelé que dans ce cas-ci, il serait nécessaire de consulter les 60 millions d’électeurs qui se sont présentés aux urnes.

Novaya Gazeta a commencé à récolter des signatures en faveur de la dissolution de la sixième Douma d’État le 24 décembre dernier, trois jours après que les députés ont adopté en troisième lecture une loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des citoyens américains. Dans la nuit du 9 au 10 janvier, la pétition a rassemblé le nombre de signatures nécessaire pour être examinée par la chambre basse du parlement.

Jusqu’à présent, 106 000 personnes y ont déjà apposé leur signature. Les citoyens ont jusqu’au 1er février pour soutenir la proposition.

Quelques jours avant le lancement de cette action (nommée #давайраспускайся par le journal), Novaya Gazeta avait rassemblé et remis à la Douma 103 000 signatures contre l’adoption de la loi « Dima Yakovlev ». Lors d’une grande conférence de presse le 20 décembre, le président russe, Vladimir Poutine, avait promis que si une pétition contre ce projet de loi était soumise, la Douma d’État l’examinerait. La pétition présentée par le journal de l’opposition contre la loi « anti-Magnitski » n’a pourtant eu aucun effet.

La loi « Dima Yakovlev » a été ainsi nommée en souvenir d’un petit garçon âgé d’un an et demi, Dima Yakovlev, qui avait été adopté par un couple d’Américains en février 2008. Au bout de quelques mois, en juillet, l’enfant est décédé après que son père adoptif l’a laissé pendant neuf heures enfermé dans sa voiture sous 30 degrés. Le père, Michael Harrison, avait par la suite été acquitté.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.utro.ru/articles/2013/01/10/1094142.shtml

Communiqué de presse du mouvement FEMEN suite à l’action menée à Bruxelles

21 Déc

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« La fin du monde tant attendue vient de se dérouler à Bruxelles ! Les sextrémistes de FEMEN ont participé à une tentative audacieuse de faire capoter le sommet Russie-UE. L’objectif de l’action de FEMEN est de chasser de la capitale de l’Union européenne le nain apocalyptique qu’est Poutine et de prévenir l’UE des conséquences catastrophiques pour la démocratie qui découleront des contacts entretenus avec les avortons du Kremlin. Le torse des sextrémistes portait les inscriptions suivantes : « L’apocalypse, c’est Poutine ! », « Poutine : eurocollapse ! », « Apocalypse de la démocratie ! » ou encore « Pacte avec le diable ». FEMEN demande aux dirigeants de l’Union européenne de cesser sans délai tout contact politique, économique et culturel avec les représentants de la dictature aux mains de Gazprom et du Kremlin. FEMEN avertit les dirigeants européens que la dépendance au gaz ne mènera qu’à l’effondrement économique de l’Europe, que la suppression des visas pour les Russes fait courir le risque à l’Europe d’un Armageddon culturel, et que l’adulation politique de Poutine menace l’union douanière. »

Des militantes anti-Poutine de FEMEN arrêtées à Bruxelles

21 Déc

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La police bruxelloise a appréhendé quatre militantes du mouvement FEMEN qui protestaient contre la tenue du sommet Russie-UE, a rapporté Itar-Tass. Selon le responsable de la police locale, les jeunes filles ont été arrêtées pour avoir tenté de manifester illégalement.

Comme vous pouvez le voir sur les photographies publiées sur le portail ukrainien Glavred, les militantes de FEMEN, torse nu, sont sorties dans les rues de Bruxelles avec sur leur poitrine des inscriptions telles que « Démocratie de l’apocalypse », « Poutine, va te f… » , entre autres. Selon le responsable de la police locale toujours, les demoiselles ont été relâchées après la rédaction d’un procès-verbal.

Elles expliquent leur action sur le site du mouvement : « L’objectif de l’action de FEMEN est de chasser de la capitale de l’Union européenne le nain apocalyptique qu’est Poutine et de prévenir l’UE des conséquences catastrophiques pour la démocratie qui découleront des contacts entretenus avec les avortons du Kremlin. »

Les militantes de ce mouvement organisent souvent des manifestations où la provocation est reine, tant dans leur pays d’origine qu’à l’étranger. La particularité de leur mouvement est qu’elles mènent toujours leurs actions à moitié ou complètement nues.

Le sommet Russie-UE se déroule à Bruxelles du 20 au 21 décembre. Le président russe, Vladimir Poutine, est arrivé la veille du premier jour à Bruxelles.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://lenta.ru/news/2012/12/21/femen/

Le journaliste Oleg Kachine renvoyé du Kommersant

28 Nov

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Un correspondant du journal Kommersant, Oleg Kachine, a été renvoyé. Cette information, diffusée par Lenta.ru, a été confirmée par le rédacteur en chef du Kommersant, Mihaïl Mihaïline. « La raison de ce renvoi réside dans la faible quantité d’articles écrits par M. Kachine. C’est tout. Il fallait travailler plus », a déclaré M. Mihaïline. Selon Lenta.ru, M. Kachine continuera de collaborer avec la rédaction en tant que pigiste pour la radio Kommersant FM dans le cadre du programme Tochka zrenia (« Point de vue » en français).

La veille du licenciement de M. Kachine, Lenta.ru avait déjà annoncé la nouvelle après avoir consulté plusieurs sources du Kommersant. Selon leur témoignage, le 22 novembre, le journaliste a participé à une dernière réunion avec la direction, et le lendemain, il a rassemblé ses affaires avant de quitter les locaux. Le journaliste et la direction ont conclu un accord de confidentialité sur tous les éléments en lien avec son licenciement.

M. Kachine travaillera désormais pour le portail Openspace.ru. Son rédacteur en chef, Maxime Kovalski, a confirmé l’information à Lenta.ru. Ces derniers temps, le journaliste avait intensifié sa collaboration avec ce portail.

Des sources du Kommersant ont expliqué que le conflit qui opposait M. Kachine et la direction avait empiré au cours de l’été. À titre d’exemple, l’interview qu’a réalisée M. Kachine avec Ksenia Sobchak et qui a été publiée sur le site Afichi, n’a pas plu au Kommersant. Toutes les opinions exprimées dans cet entretien ne correspondaient pas aux visions de M. Mihaïline.

Pendant toute cette période, il a été reproché à M. Kachine de trop peu travailler pour le Kommersant et de passer son temps à écrire pour d’autres publications. La goutte qui a fait déborder le vase a été la participation du journaliste aux élections du Conseil de coordination de l’opposition. Au sein de la rédaction, selon les sources consultées par Lenta.ru, on estime que la participation du correspondant à des activités politiques relève du conflit d’intérêts.

Au cours des derniers mois, M. Kachine n’a écrit des articles que pour la radio Kommersant FM. Le nombre d’articles a ensuite décru pour passer de cinq à un seul article par semaine.

M. Kachine s’est quant à lui refusé à tout commentaire.

Article original : http://lenta.ru/news/2012/11/26/kashin

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Sortie d’un livre sur les Pussy Riot en Russie

22 Nov

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Photo : ozon.ru

La maison d’édition Eksmo a publié un livre intitulé « Pussy Riot. Что это было? » (Pussy Riot. Qui sont-elles ?) dont l’auteur serait Nadezhda Tolokonnikova. Selon le mari de Mme Tolokonnikova, Piotr Verzilov, les membres du groupe n’ont pas donné leur autorisation pour la publication de ce livre.

Ce livre est apparu pour la première fois sur le site Internet du magazine Ozon. Comme précisé en début d’ouvrage, il s’agit d’un livre sur « l’histoire moderne du militantisme national vu par une membre active du groupe « Voïna » et la dirigeante spirituelle des Pussy Riot ». Le livre coûte 161 roubles (4 euros). Il est précisé qu’il est livré dans les dix jours suivants la commande. Il a été tiré en 4 000 exemplaires.

Le mari de Nadezhda Tolokonnikova, Piotr Verzilov, lorsqu’il a appris la publication de ce livre, a écrit sur son compte Twitter que « la maison d’édition n’en avait pas informé son épouse ». La maison d’édition n’a demandé l’autorisation de publier le livre que la veille de sa sortie.

Il convient toutefois de noter que cet ouvrage se fonde sur des faits et du matériel libres d’accès : interviews, articles de journaux et billets publiés sur le blog des Pussy Riot.

Ce n’est pas la première fois qu’Eksmo publie des livres qui consistent en une compilation d’informations tirées de sources libres. Les mémoires d’Audrey Hepburn, d’Elizabeth Taylor et de Marilyn Monroe en sont des exemples.

La sortie du livre sur les Pussy Riot pourrait être interprétée comme une preuve que ce groupe punk fait aujourd’hui partie de l’histoire culturelle de la Russie. Ce livre ne fait que s’inscrire dans la lignée des nombreux scandales en lien avec les activités des Pussy Riot. Dans la mesure où Maria Alehina et Nadezhda Tolokonnikova sont en prison, leur influence sur le cours des événements à venir demeure très limitée.

Daria Trosnikova, Alexandre Tchernih — Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://kommersant.ru/doc/2072388

Une rue de Saint Pétersbourg portera le nom d’Anna Politovskaya

8 Oct

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Anna Politovskaya, une journaliste de Novaya Gazeta, a été assassinée il y a six ans, le 7 octobre 2006, dans l’entrée de son immeuble à Moscou. Hier, des centaines, voire des milliers de Moscovites ont apporté des fleurs à l’endroit de sa mort. La cérémonie d’hommage à la journaliste qui s’est tenue sur la place Novopouchkinskaya a rassemblé près de 200 personnes.  Les autorités moscovites ont fait honneur à leur réputation : jeudi, ils ont refusé d’approuver l’organisation de ce rassemblement à deux pas, sur la place Pouchkinskaya, proposant d’honorer la mémoire de Mme Politovskaya sur le boulevard Iaouzski ou près du monument Souvorov.

La mort de Mme Politovskaya et le déroulement de l’enquête sur cette affaire reflètent l’attitude du gouvernement russe et d’une partie de la société vis-à-vis des journalistes. Peu après sa mort, Vladimir Poutine avait déclaré que le meurtre de la journaliste avait causé plus de tort à la Russie que ses articles. Nombreux sont ceux qui ont pris cet événement comme un avertissement : les journalistes qui écrivent sur des sujets sensibles et les défenseurs des droits de l’Homme portent préjudice à l’État et personne ne prendra leur défense. Ce crime impuni, les passages à tabac et les menaces adressées aux journalistes ne choquent plus personne dans les médias russes. Entre 2007 et 2011, selon les données du Fonds de défense de la transparence, 40 journalistes ont perdu la vie. Oleg Kachin de Kommersant et le rédacteur en chef de Himkinskaya Pravda, Mikhaïl Beketov, sont toujours vivants, un vrai miracle. Les grandes affaires ne font pas l’objet d’enquêtes menées dans les formes. Les assassins de Mme Politovskaya, du rédacteur en chef de Forbes Russie, Pavel Klebnikov, de Natalia Estemirova, les agresseurs d’Oleg Kachine et de Mikhaïl Beketov n’ont jamais été punis.

Cette impunité incite au crime et créer une atmosphère de terreur qui empêche les journalistes de travailler. Certaines enquêtes ont toutefois été menées à bien : les meurtres d’Anastasia Babourova et de l’avocat Stanislav Markelov à Moscou en janvier 2010 ont été punis, les coupables ont été jugés. En août 2012, l’un des coupables du meurtre d’Anna Politovskaya, l’ancien officier de police Dmitri Pavlioutchenkov, a été jugé. Nous espérons tous que les meurtres de journalistes seront punis. Nous saluons l’initiative prise à Saint-Pétersbourg de donner le nom d’Anna Politovskaya à une rue de la ville.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.vedomosti.ru/opinion/news/4735161/ulica_politkovskoj#ixzz28hqnMXjv

Guennadi Goudkov pourrait devenir l’assistant de son fils à la Douma

17 Sep

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Moscou,  le 17 septembre 2012. INTERFAX.RU – Le député de la Douma d’État du parti Russie juste Dmitri Goudkov a proposé à son père, privé de son mandat à l’assemblée, de devenir son assistant. « J’ai proposé à Guennadi Goudkov de devenir mon assistant à la Douma », a posté Dmitri Goudkov sur Twitter lundi.

Privé de son mandat le 14 septembre dernier, M. Goudkov père n’a pas encore fait appel de cette décision auprès de la Cour suprême de la Fédération de Russie, dans la mesure où il attend encore le document officialisant sa situation de la part de la chambre basse.

Il a souligné que c’était la première fois dans l’histoire de la Russie qu’un député se voyait retiré son mandat en dehors d’une décision de justice. « Cela n’est jamais arrivé dans l’histoire du parlementarisme russe depuis l’institution de la Douma sous le pouvoir des tsars. Même lorsque les tsars étaient encore au pouvoir, personne ne s’est vu retirer son mandat. Poutine et Narychkine sont des pionniers », a-t-il déclaré.

Pour rappel, vendredi passé, la Douma d’État a voté en faveur de la suppression du mandat de député de Guennadi Goudkov suite à la demande de la Commission d’enquête et du procureur général qui ont estimé que l’ancien député avait enfreint la loi sur les activités entrepreneuriales des parlementaires.

Lien vers l’article original : http://www.interfax.ru/politics/news.asp?id=266035

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Guennadi Goudkov perd son mandat de député à la Douma

14 Sep

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La Douma d’Etat a décidé en séance plénière de priver de son mandat le député Guennadi Goudkov du parti Russie juste. La décision a été adoptée à raison de 291 voix pour, 150 contre et 3 abstentions.

Russie unie et le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR) se sont exprimés en faveur du retrait du mandat, contrairement au Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF) et à Russie juste.

« Tout le monde sait qu’à la Douma d’Etat, comme dans tout autre milieu de travail, nous travaillons main dans la main, et les relations se sont détériorées entre de nombreux membres et M. Goudkov », a déclaré l’un des dirigeants de Russie unie, Andreï Isaïev, expliquant la position de la majorité parlementaire.

« Mais notre électorat se demande s’il est possible, suite à ce scandale, que certaines personnes jouissent d’un statut leur permettant de ne pas respecter la loi. »

« Le mot représailles a été lancé. De quoi parle-t-on ? M. Goudkov a-t-il été jeté en prison ? privé de ses biens ? empêché d’exercer des activités politiques ? Seul son mandat lui a été enlevé. Cette décision le renvoie simplement au statut des 140 millions de citoyens de notre pays, à l’exception des 450 personnes rassemblées dans cette salle », a-t-il déclaré.

Le leader du LDPR, Vladimir Jirinovski, est du même avis que M. Isaïev. « Il ne s’agit en aucun cas de représailles. Tout le parti de Russie juste se trompe dans cette affaire », a-t-il affirmé.

« Mais nul besoin de s’en offusquer », a déclaré M. Jirinovski, s’adressant à M. Goudkov. « Nous sommes très déçus que vous nous quittiez si tôt. Ne vous affolez pas, nous prendrons soin de votre famille. Les portes du LDPR seront toujours ouvertes à votre fils Dmitri [Goudkov] (député du parti Russie juste). »

Pour rappel, M. Goudgov a été accusé d’exercer des activités entrepreneuriales, ce qui est interdit aux députés de la Douma.

Selon des témoins, M. Goudkov dirige un important marché à Kolomna. Selon certaines données, ce député, appartenant à la Douma et étant donc au service de la Fédération de Russie, aurait, en septembre 2008, acheté des parts du capital de l’entreprise Kolomenski Stroïtel du secteur de la construction.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.rg.ru/2012/09/14/gudkov1.html

Les Pussy Riot nominées pour le Prix Sakharov du Parlement européen

14 Sep

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Les Pussy Riot ont été nominées par l’eurodéputé allemand Werner Schulz (Verts/ALE) soutenu par 45 autres membres du Parlement. Les candidats au prix Sakharov peuvent être nominés soit par un groupe politique, soit par un minimum de 40 eurodéputés.

Trois membres de ce groupe punk, Nadezhda Tolokonnikova (22 ans), Maria Aliokhina (24 ans) et Ekaterina Samoutsevitch (30 ans) ont été condamnées le 17 août dernierpour vandalisme motivé par la haine religieuse après avoir chanté une chanson punk dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. Lors de leur performance, les punkettes ont appelé la Vierge Marie à mettre Vladimir Poutine, le président russe, à la porte du pays. Le verdict a suscité l’indignation et a été condamné par l’Union européenne et les Etats-Unis.

Les Pussy Riot ont été soutenues par des dizaines de musiciens célèbres, dont Paul McCartney, Madonna, les Red Hot Chili Peppers, Björk, Bryan Adams, Sting et Yoko Ono, entre autres.

Autres nominés

Ales Bialiatski, un militant biélorusse de l’opposition actuellement en prison, Joseph Francis, un militant qui assiste les victimes de la loi pakistanaise sur le blasphème, trois représentants de l’opposition emprisonnés au Rwanda et deux intellectuels iraniens ont eux aussi été nominés par les eurodéputés pour le prix Sakharov que décerne chaque année le Parlement pour honorer des individus qui lutte contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression.

Les groupes politiques et les eurodéputés qui ont choisi les candidats devront en faire la présentation le 25 septembre prochain à Bruxelles. La cérémonie de remise du prix se tiendra à Strasbourg aux alentours du 10 décembre, le jour où la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations unies a été signée en 1948.

Parmi les nominés, le favori semble être Ales Bialiatski, un défenseur de la liberté et des droits de l’Homme mis derrière les barreaux par le régime biélorusse. Il a été choisi par l’eurodéputé polonais Jacek Saryusz-Wolski (Parti populaire européen) qui a rassemblé les signatures de 82 autres membres de l’assemblée. Le Parlement européen a déjà exprimé son soutien à M. Bialiatski dans une résolution du 15 septembre 2011. M. Bialiatski a également été nominé pour le prix Nobel de la paix.

M. Francis, le fondateur et directeur de l’organisation CLAAS (Centre for Legal Aid, Assistance and Settlement) qui défend les victimes de la loi pakistanaise contre le blasphème, a été nominé par le groupe des Conservateurs et Réformistes européens. Les accusations de blasphème donnent souvent lieu à des harcèlements, des menaces et des agressions. Plusieurs grands acteurs de la scène politique ont été assassinés pour leur opposition à cette loi.

Les trois représentants rwandais de l’opposition, qui ont tenté de mettre un terme aux scènes de violence en promouvant le dialogue et la réconciliation, ont été nominés par les eurodéputés espagnols Willy Meyer (Groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique), Rosa Estaràs (PPE), María Muñiz (Socialistes et Démocrates), Ana Miranda (Verts/ALE) et 37 autres eurodéputés. Les trois militants sont Victoire Ingabire Umuhoza, Déogratias Mushayidi et Bernard Ntaganda.

L’un des Iraniens nominés est Nasrin Sotoudeh, une avocate qui plaide en faveur des droits de l’Homme et qui représente des militants de l’opposition et des acteurs de la scène politique emprisonnés suite aux élections présidentielles contestées de juin 2009, ainsi que de jeunes délinquants qui risquent la peine de mort. Elle a été arrêtée en septembre 2010 pour propagande et conspiration mettant en péril la sécurité de l’Etat. Elle a été emprisonnée et placée en isolement.

L’autre nominé iranien est Jafar Panahi, un réalisateur, scénariste et monteur. Il a rencontré le succès à l’international en 1995 avec son premier long métrage, « Le Ballon blanc », qui a remporté la Caméra d’or lors du Festival de Cannes la même année.

Ils ont été nominés par l’eurodéputé espagnol José Ignacio Salafranca (PPE), l’eurodéputé allemand Elmar Brok (PPE) et 11 autres membres du Parlement.

Article traduit de l’anglais par Amandine Gillet

Lien vers l’article sur EurActiv : http://www.euractiv.com/fr/europe-est/les-pussy-riot-nominees-pour-le-news-514790

La militante Tatiana Romanova reçoit une amende pour avoir manifesté en soutien aux Pussy Riot

23 Août

La justice de paix du district de Khamovniki a entendu la militante Tatiana Romanova Novokchtchenova qui s’est présentée avec la même écharpe que celle qu’elle portait lorsqu’elle s’est perchée sur un réverbère aux abords de l’ambassade de Turquie le 17 août dernier. Le jour de l’annonce de la condamnation des trois membres du groupe Pussy Riot, Tatiana a fait sensation : la jeune fille s’est perchée sur un réverbère, elle a enfilé une cagoule et brandi une pancarte sur laquelle était inscrit « Honte à la Russie » avec les encouragements de la foule qui scandait « Libérez les Pussy Riot ». Lorsque les policiers ont tenté de la faire descendre, elle a franchi la barrière et est entrée sur le territoire de l’ambassade de Turquie. Les forces de police l’y ont donc suivie. L’ambassadeur a pris parti pour la demoiselle : il a éconduit les policiers et a proposé à Tatiana de sortir discrètement de la cour en se mêlant à la foule. La police n’a toutefois pas manqué de l’intercepter dès sa sortie et de l’arrêter en vertu de l’alinéa 1 de l’article 19.3 du Code d’infractions administratives de la Fédération de Russie qui porte sur la désobéissance aux forces de l’ordre.

Au tribunal, les policiers qui avaient arrêté Tatiana ont fait profil bas et se sont mis à rougir lorsqu’il leur a été demandé de s’expliquer quant à leur intervention sur le territoire de l’ambassade. Dans les rapports qui ont été lus lors de l’audience, il est indiqué que Tatiana est tombée de la barrière et a « entraîné » dans sa chute les policiers sur le territoire de l’ambassade.

Le tribunal a diffusé une vidéo pour montrer que les policiers n’avaient pas donné à la jeune fille d’ordres impossibles à suivre. En raison du bruit émanant de la foule, impossible toutefois d’entendre ce que les policiers ont demandé à la militante.

Verdict du tribunal : une amende de 500 roubles.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.novayagazeta.ru/news/59105.html

FEMEN menace de s’attaquer aux bâtiments orthodoxes en Russie

20 Août

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Les membres du mouvement ukrainien FEMEN, des militantes qui ont récemment scié une croix à Kiev, ont annoncé qu’elles prévoyaient de s’attaquer à l’architecture orthodoxe en Russie. Cette information a été publiée sur le site de l’organisation.

Elles ne sont toutefois pas entrées dans les détails (date, transport, etc.). Leur communiqué se termine par « scions des croix ! ».

C’est le 17 août dernier que les jeunes femmes de FEMEN ont scié une croix à Kiev. Il s’est avéré par la suite qu’il s’agissait d’une croix érigée en soutien aux victimes de la répression politique en 2004.

Les autorités ukrainiennes n’ont pas tardé à décider de poursuivre les jeunes femmes pour « hooliganisme ».

Les membres de cette organisation féministe ont expliqué avoir scié cette croix en soutien aux membres du groupe punk russe Pussy Riot, jugées pour avoir chanté dans la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Le 17 août dernier, les trois femmes ont été condamnées à deux ans de prison pour hooliganisme.

Sur son site Internet, FEMEN a décrit son action comme une oeuvre « trash-religieuse » du groupe Krestopoval (dont les membres font partie de l’organisation). Les annonces concernant le voyage prévu en Russie ont également été faites au nom de ce groupe.

Alexandra Chevtchenko, la porte-parole de FEMEN, a tenu à s’expliquer sur leur action lors d’une interview accordée à Evroradio. « En tant qu’organisation, nous sommes profondément athées. Nous n’en avons donc rien à foutre des sentiments des croyants », a-t-elle déclaré. « Ce qui compte, c’est de ne pas offusquer les athées », a-t-elle ajouté.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://lenta.ru/news/2012/08/20/femen/

Condamnation des Pussy Riot : la Russie sous le feu des critiques

20 Août

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Les trois jeunes femmes, Nadezhda Tolokonnikova (22 ans), Maria Aliokhina (24 ans) et Ekaterina Samoutsevitch (30 ans) ont été condamnées vendredi (17 août) pour « hooliganisme » motivé par la haine religieuse après avoir chanté une chanson punk dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. Lors de leur performance, les punkettes ont appelé la Vierge Marie à mettre Vladimir Poutine, le président russe, à la porte du pays.

En Bulgarie, le monument de l’armée soviétique a arboré un nouveau look vendredi : les sculptures des soldats russes se sont vu affubler de cagoules colorées, le signe distinctif adopté par le groupe punk. A Bruxelles, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant la mission russe auprès de l’UE, mais ils ont dû s’éloigner du bâtiment pour rejoindre le trottoir en face de l’ambassade américaine.

Catherine Ashton, la haute responsable de l’Union européenne pour les affaires étrangères, a expliqué que la condamnation à deux ans de prison des trois femmes était « disproportionnée » par rapport au crime commis, un signe d’intimidation des militants de l’opposition dans le pays.

« Etant donné les signalements de mauvais traitements lors de la détention provisoire et les accusations d’irrégularités lors du procès, il [le verdict] remet en question le respect par la Russie de ses obligations internationales en matière de procédure judiciaire équitable, transparente et indépendante », a déclaré Mme Ashton.

« Cette affaire s’ajoute aux actes toujours plus nombreux d’intimidation politique et aux poursuites déjà entamées contre des militants de l’opposition en Fédération de Russie, une tendance qui inquiète de plus en plus l’Union européenne », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La commissaire aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, a écrit sur son profil Twitter : « Je suis très triste d’apprendre la condamnation des Pussy Riot. C’est totalement disproportionné ! »

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a été cité parReuters :  « Même si nous comprenons que le comportement du groupe a froissé certaines personnes, nous nous inquiétons sérieusement quant à la manière dont ces jeunes femmes ont été traitées par le système judiciaire russe. »

L’affaire des Pussy Riot, considérée comme un test sur la tolérance de M. Poutine vis-à-vis de ses opposants, ne fait qu’alimenter des tensions déjà vives dans les relations entre Moscou et les pays européens depuis leurs différends sur la façon de gérer la crise syrienne.

Des musiciens outrés

Les Pussy Riot ont été soutenues par des dizaines de musiciens célèbres, dont Paul McCartney, Madonna, les Red Hot Chili Peppers, Björk, Bryan Adams, Sting et Yoko Ono, entre autres.

Bryan Adams a écrit sur son compte Twitter : « Scandaleux […] Des chanteuses russes en prison pour s’être exprimées librement ? »

L’acteur du Seigneur des Anneaux, Elijah Wood, a quant à lui tweeté : « C’est une honte de voir que les Pussy Riot ont été condamnées, mais je ne suis pas surpris. »

En Russie, la société apparaît divisée sur la question. Des centaines d’intellectuels ont manifesté contre le verdict qui a été prononcé. L’ancien champion du monde d’échecs, Gary Kasparov, a même été placé en détention et aurait été battu pour avoir participé à une manifestation devant le tribunal.

Beaucoup de Russes considèrent toutefois cette condamnation comme un châtiment mérité pour avoir profané un endroit sacré et porté atteinte aux valeurs culturelles russes.

Article traduit de l’anglais par Amandine Gillet

Lien vers l’article sur EurActiv.com : http://www.euractiv.com/fr/europe-est/vladimir-poutine-montre-du-doigt-news-514344

Deux journalistes arrêtées à Minsk

9 Août

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Liberté aux journalistes !

Aujourd’hui soir (8 août) à Minsk, la police a arrêté deux journalistes :  Irina Kozlik et la photographe Ioulia Dorochkevitch. Elles ont été emmenées au Département régional des Affaires intérieures et accusées d’avoir organisé une flashmob non autorisée. Mme Dorochkevitch a écrit sur sa page Facebook qu’elle et sa collègue avaient été arrêtées alors qu’elles se photographiaient avec un ours en peluche. Leurs téléphones portables ont ensuite été confisqués. Il est très probable qu’elles passent la nuit derrière les barreaux. Suite aux manifestations silencieuses de l’année dernière, le Code administratif biélorusse interdit même l’« inaction organisée ».

Pour rappel, le 4 juillet dernier, à Minsk et dans des villes voisines, des militants suédois ont largué un millier d’ours en peluche en parachute avec des slogans appelant à la défense de la liberté d’expression. Au début, les forces de sécurité biélorusses ont nié qu’un tel événement avait eu lieu, mais au bout de quelques jours, le KGB du pays a arrêté deux personnes : d’abord Sergueï Bachamirov, un agent immobilier qui avait loué un appartement aux militants, puis Anton Souriapine, le premier journaliste (bnp.by) à avoir envoyé des photos des ours en peluche.  Ils ont été arrêtés et accusés de complicité de passage illégal des frontières. Après l’arrestation de M. Souriapine, des journalistes biélorusses ont souhaité organiser une action. Etant donné qu’il est interdit d’organiser des événements en rue, ils ont choisi la formule d’une flashmob en ligne et se sont photographiés avec des ours en peluche portant le slogan « No pictures – no troubles? » [Pas de photos, donc pas de problème ?] En tout, 34 personnes ont répondu présentes.

Quelques jours plus tard, lorsque les autorités ont appris que l’avion suédois avait bel et bien traversé la frontière, le président du Comité de surveillance des frontières et le commandant des forces aériennes et de défense contre les avions ont été renvoyés. En outre, le KGB biélorusse a appelé les participants à l’action des Suédois à rentrer au pays en qualité de suspects, laissant entendre que le destin de MM. Souriapine et Bachamirov en dépendait. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont par ailleurs au plus mal : la Biélorussie a expulsé de son territoire l’ambassadeur de Suède après que les Suédois ont expulsé deux diplomates de l’ambassade de Biélorussie et refusé d’accueillir un nouvel ambassadeur.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : https://www.facebook.com/novgaz

Traduction des paroles de la chanson « кисья ересь » de БАРТО

8 Août

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Voici la traduction (j’ai fait de mon mieux….) des paroles de la chanson de Barto (БАРТО) : « кисья ересь » (ou les « chattes de l’hérésie »).

Il s’agit d’une chanson de l’opposition en soutien au groupe punk Pussy Riot dont trois membres sont actuellement jugées à Moscou.

Lien vers le clip : http://www.youtube.com/watch?v=oyMMqUzRa1A

Paroles en russe :

чёрная ряса золотые погоны
все прихожане ползут на поклоны
чтобы святейшего не оскорбить
женщинам нужно рожать и любить

глава кгб мой главный святой

всех недовольных пора под конвой
чтобы святейшего не оскорбить
женщинам нужно рожать и любить

срань
срань
срань господня
срань

к москве приближается старец варнава
другая война, war another
свет его виден издалека
взгляд мечет молнии в руке клюка
клюка-телескоп достаёт до афона
с функцией духовного микрофона
благодаря этой чудо-клюке
молитвы аукнутся аж на колыме
старец варнава спасался раньше

в келье на личном техасском ранчо
держался на щах и мочёной репе
возглавлял отдел православия в госдепе
чп в москве поломало все планы
срочный чартер через канары
в оптину пустунь а там уж пешком
крыть кисью ересь тугим словцом
варнава гремит на церковно славянском
анафемы так и летят из-под рясы
пусси райот хула основ

жечь на костре если хватит дров
апокалипсис распоясались бляди
кисья ересь чего это ради
кисья ересь за грехи наши
дай-ка им путин трёшечку возле параши

богородица дево
кесаря прогони
богородица дево
кесаря прогони

кисья ересь
кисья ересь

срань господня

Traduction en français :

Une soutane noire, des pattes dorées

Tous les paroissiens rampent

Pour ne pas offenser sa sainteté

Les femmes doivent enfanter et aimer

Le chef du KGB est mon principal saint

Tous ceux qui ne sont pas satisfaits de notre époque sont sous escorte

Pour ne pas offenser sa sainteté

Les femmes doivent enfanter et aimer

Horreur

Horreur

Horreur dominicale

Horreur

Le vieillard Barnabé approche de Moscou

Une autre guerre, war another

Son aura se voit de loin

Son regard jette des éclairs, il a un bâton dans la main

Son bâton va jusqu’au mont Athos

Il a un transmetteur spirituel

Grâce à son super bâton

Il crie ses prières sur la Kolyma

Le vieillard Barnabé s’en est déjà tiré par le passé

Dans sa cellule aux allures de ranch texan

Il a tenu grâce à du chtchi et à des navets

Il a dirigé les croyants orthodoxes

A Moscou, tous ses plans se sont écroulés

Un charter vers les Canaries

Au monastère d’Optina, on peut même y aller à pied

Maudire les chattes de l’hérésie

Barnabé gronde les Slaves religieux

Des anathèmes sortent de sa soutane

Les Pussy Riot ont encore bravé les principes

Il faut les brûler sur le bûcher s’il y a assez de bois

Les putains ont dépassé les bornes

Les chattes de l’hérésie se réjouissent

Elles se réjouissent de nos péchés

Elles ont foutu Poutine dans la merde

Sainte Marie

Chasse notreCésar

Sainte Marie

Chasse notre César

Les chattes de l’hérésie

Les chattes de l’hérésie

Horreur dominicale

Le gardien de la cathédrale n’a pas pu travailler pendant deux mois après l’action des Pussy Riot

31 Juil

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Le procès des membres du groupe punk Pussy Riot se poursuit au tribunal Khamovnichesky de Moscou. Nadezhda Tolokonnikova, Maria Alehina et Ekaterina Samoutsevitch sont accusées de houliganisme dans la cathédrale du Christ-Sauveur de la capitale. En ce moment, ce sont les victimes qui sont écoutées. L’une d’entre elles, le gardien de la cathédrale, Sergueï Beloglazov, a déclaré qu’en raison de la performance des jeunes filles, il n’avait pu se rendre à son travail pendant deux mois. Il n’a toutefois pas souhaité blâmer les punkettes.

« En dix ans, je n’ai jamais rien vu de tel dans la cathédrale. J’ai été stupéfait », a expliqué M. Beloglazov au tribunal. Il a raconté qu’il avait accouru aux cris des employés et qu’il avait tenté de faire sortir les jeunes filles. Selon lui, il s’agit d’une action offensante qui a découragé les fidèles de la cathédrale. « A cause de cela, je n’ai pas pu aller travailler pendant deux mois », a-t-il affirmé.

Il a toutefois tenu à préciser qu’il ne blâmait pas les membres du groupe Pussy Riot. « En tant que croyant, je suis prêt à leur accorder mon pardon, je ne leur en veux pas. Je pense qu’elles ne savaient pas ce qu’elles faisaient », a expliqué M. Beloglazov. Il a affirmé que son but n’était pas que leur punition soit des plus sévères. Il a laissé à la Cour le soin de déterminer la peine qu’elle jugerait opportune. Il a en outre renoncé à demander un dédommagement matériel, a rapporté Interfax.

Selon les conclusions de l’enquête, les jeunes filles ont mené cette action par haine de la religion et de la communauté que représentent les croyants orthodoxes. Le Code pénal russe prévoit une peine maximale de sept ans de prison pour ce type d’actes.

Les inculpées ne sont toutefois pas d’accord avec la description de leurs actes. Elles martèlent que les motivations de leur action étaient uniquement politiques et qu’elles n’éprouvent aucune haine pour la religion. Les punkettes se sont par ailleurs excusées et ont reconnu que leur action avait pu froisser la sensibilité des croyants. « Notre refus de plaider coupable [pour houliganisme] ne signifie pas que nous ne sommes pas prêtes à nous expliquer et que nous ne reconnaissons pas notre erreur. Notre erreur a été de jouer ce genre de musique dans une cathédrale et si quelqu’un s’en est trouvé offusqué, je suis prête à reconnaître que nous avons commis une faute éthique », a déclaré Mme Tolokonnikova au nom des autres membres du groupe. Elle a ajouté que l’erreur de son groupe était d’ordre moral et non pénal.

Fin février 2012, cinq jeunes filles affublées de déguisements et de masques sont entrées dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou pour y donner un concert clandestin qu’elles ont elles-mêmes qualifié de « punk religieux ». Leur action s’est résumée à des danses et des chansons plutôt énergiques dans lesquelles elles ont insulté le patriarche Kirill et le candidat à la présidentielle d’alors, Vladimir Poutine. Lorsque la sécurité de la cathédrale a tenté de mettre la main sur les jeunes filles, celles-ci ont tenté de fuir. Par la suite, les Pussy Riot ont reconnu être les auteurs de cette action.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’original : http://www.vesti.ru/doc.html?id=863087&863087

Le blogueur russe Alexeï Navalny risque jusqu’à dix ans de prison

31 Juil

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La Commission d’enquête de la Fédération de Russie a inculpé le célèbre blogueur Alexeï Navalny et l’a assigné à résidence. M. Navalny est accusé de détournement de biens « à grande échelle » (16 millions de roubles, 405 000 euros). Le Code pénal prévoit une peine de dix ans pour ce type d’accusations.

Alexeï Navalny a été amené à la Commission d’enquête ce mardi à 11h00, où son assignation à résidence lui a été notifiée en vertu de l’alinéa 4 de l’article 160 du Code pénal russe sur les « détournements de bien à grande échelle ». Selon la Commission, lorsqu’il travaillait en tant que conseiller du gouverneur de la région de Kirov, M. Navalny aurait fait perdre de l’argent à l’entreprise publique Kirovles en concluant un accord sur la livraison de bois avec la société Viatskaya Lesnaya Kompania. Ce contrat aurait entraîné une perte de plus de 16 millions de roubles dans le budget de l’Oblast de Kirov en 2009-2010.

Pourquoi Alexeï Navalny est-il accusé aujourd’hui ?

L’opposant a été emmené pour interrogatoire après avoir émis des critiques à l’encontre de la Commission d’enquête.

La Commission d’enquête a précisé que M. Navalny était depuis le début accusé en vertu de l’alinéa 3 de l’article 165 du Code pénal sur « l’atteinte portée au patrimoine par la tromperie ou l’abus de confiance » qui prévoit une peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison.  « Après que les juges d’instruction ont demandé à la direction de la Commission d’enquête de poursuivre ses investigations, une expertise économique et des éléments obtenus suite à des activités opérationnelles de recherches ont confirmé l’implication de M. Navalny dans cette affaire qui tombe sous l’alinéa 4 de l’article 160 du Code pénal russe », a déclaré la Commission d’enquête. Cet article prévoit une peine pouvant aller jusqu’à dix ans et une amende d’un million de roubles (25 000 euros).

« Ces accusations sont étranges et absurdes. Ce sont des affabulations qui ont pour but que ce soir, à la télévision, on annonce qu’Alexeï Navalny a volé 16 millions de roubles. Et d’après ce qu’on dit, la somme en question pourrait encore changer. Toutes ces affabulations contredisent mon témoignage et celui d’autres témoins », a déclaré Alexeï Navalny.

La Commission d’enquête a précisé qu’elle inculperait deux autres individus pour les mêmes faits : Piotr Ofitserov, le directeur de la société Viatskaya Lesnaya Kompania, et Viatcheslav Opalev, le directeur général de l’entreprise publique Kiroles.

Ivan Bouranov – Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.kommersant.ru/doc/1992306

Les Pussy Riot se sont excusées auprès des croyants

31 Juil

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Les membres du groupe punk Pussy Riot ont refusé de plaider coupables pour des faits de houliganisme dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, mais elles ont tenu à s’excuser auprès des croyants orthodoxes. Leur intention n’était pas de les offusquer, a rapporté l’agence d’information des tribunaux russes.
Le procureur a émis la possibilité d’interrompre la retransmission en direct du procès. L’avocate des jeunes filles, Violetta Volkova, a donc décidé de lire le discours qu’elles avaient prévu avant la lecture de l’acte de mise en accusation, tant que la retransmission sur Internet était toujours de vigueur.

Les trois femmes ont affirmé que leurs actes ne tombaient pas sous l’acte 213 du Code pénal (houliganisme) et qu’une amende administrative serait la peine maximale qui devrait leur être infligée.

Nadezhda Tolokonnikova a souligné que ses actes ne revêtaient qu’une signification politique et artistique et ne visaient pas à blesser les croyants. « Nous avons commis une faute éthique en faisant une prestation punk dans une cathédrale. Mais nous ne pensions pas que cela constituerait un outrage », peut-on lire dans le discours de Mme Tolokonnikova.

Elle a souligné que le groupe existait depuis 2011 et que leurs concerts avaient toujours été empreints d’humour et d’ironie. Les jeunes femmes n’avaient aucunement l’intention de froisser la population.

Pour rappel, fin février, cinq femmes masquées se sont rendues dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, ont grimpé sur l’autel, ce qui est interdit, et ont chanté des chansons punk. La vidéo de leur prestation a été diffusée sur Internet et a fait le tour du monde.

Trois auteurs présumées des faits, Nadezhda Tolokonnikova, Maria Alehina et Ekaterina Samoutsevitch, ont été arrêtées. Elles sont accusées de houliganisme et risquent jusqu’à sept ans de prison.

Selon le procureur, les membres du groupe Pussy Riot « ont porté atteinte aux valeurs du culte chrétien », « se sont attaquées au caractère sacré de l’Eglise » et « ont blasphémé l’Eglise orthodoxe russe ». Les jeunes femmes et leurs complices ont entonné des chansons « aux paroles choquantes et blasphématoires pour les orthodoxes », a martelé le procureur général.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.kommersant.ru/news/1991611

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