Tag Archives: journalisme

Le journaliste Oleg Kachine renvoyé du Kommersant

28 Nov

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Un correspondant du journal Kommersant, Oleg Kachine, a été renvoyé. Cette information, diffusée par Lenta.ru, a été confirmée par le rédacteur en chef du Kommersant, Mihaïl Mihaïline. « La raison de ce renvoi réside dans la faible quantité d’articles écrits par M. Kachine. C’est tout. Il fallait travailler plus », a déclaré M. Mihaïline. Selon Lenta.ru, M. Kachine continuera de collaborer avec la rédaction en tant que pigiste pour la radio Kommersant FM dans le cadre du programme Tochka zrenia (« Point de vue » en français).

La veille du licenciement de M. Kachine, Lenta.ru avait déjà annoncé la nouvelle après avoir consulté plusieurs sources du Kommersant. Selon leur témoignage, le 22 novembre, le journaliste a participé à une dernière réunion avec la direction, et le lendemain, il a rassemblé ses affaires avant de quitter les locaux. Le journaliste et la direction ont conclu un accord de confidentialité sur tous les éléments en lien avec son licenciement.

M. Kachine travaillera désormais pour le portail Openspace.ru. Son rédacteur en chef, Maxime Kovalski, a confirmé l’information à Lenta.ru. Ces derniers temps, le journaliste avait intensifié sa collaboration avec ce portail.

Des sources du Kommersant ont expliqué que le conflit qui opposait M. Kachine et la direction avait empiré au cours de l’été. À titre d’exemple, l’interview qu’a réalisée M. Kachine avec Ksenia Sobchak et qui a été publiée sur le site Afichi, n’a pas plu au Kommersant. Toutes les opinions exprimées dans cet entretien ne correspondaient pas aux visions de M. Mihaïline.

Pendant toute cette période, il a été reproché à M. Kachine de trop peu travailler pour le Kommersant et de passer son temps à écrire pour d’autres publications. La goutte qui a fait déborder le vase a été la participation du journaliste aux élections du Conseil de coordination de l’opposition. Au sein de la rédaction, selon les sources consultées par Lenta.ru, on estime que la participation du correspondant à des activités politiques relève du conflit d’intérêts.

Au cours des derniers mois, M. Kachine n’a écrit des articles que pour la radio Kommersant FM. Le nombre d’articles a ensuite décru pour passer de cinq à un seul article par semaine.

M. Kachine s’est quant à lui refusé à tout commentaire.

Article original : http://lenta.ru/news/2012/11/26/kashin

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Une rue de Saint Pétersbourg portera le nom d’Anna Politovskaya

8 Oct

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Anna Politovskaya, une journaliste de Novaya Gazeta, a été assassinée il y a six ans, le 7 octobre 2006, dans l’entrée de son immeuble à Moscou. Hier, des centaines, voire des milliers de Moscovites ont apporté des fleurs à l’endroit de sa mort. La cérémonie d’hommage à la journaliste qui s’est tenue sur la place Novopouchkinskaya a rassemblé près de 200 personnes.  Les autorités moscovites ont fait honneur à leur réputation : jeudi, ils ont refusé d’approuver l’organisation de ce rassemblement à deux pas, sur la place Pouchkinskaya, proposant d’honorer la mémoire de Mme Politovskaya sur le boulevard Iaouzski ou près du monument Souvorov.

La mort de Mme Politovskaya et le déroulement de l’enquête sur cette affaire reflètent l’attitude du gouvernement russe et d’une partie de la société vis-à-vis des journalistes. Peu après sa mort, Vladimir Poutine avait déclaré que le meurtre de la journaliste avait causé plus de tort à la Russie que ses articles. Nombreux sont ceux qui ont pris cet événement comme un avertissement : les journalistes qui écrivent sur des sujets sensibles et les défenseurs des droits de l’Homme portent préjudice à l’État et personne ne prendra leur défense. Ce crime impuni, les passages à tabac et les menaces adressées aux journalistes ne choquent plus personne dans les médias russes. Entre 2007 et 2011, selon les données du Fonds de défense de la transparence, 40 journalistes ont perdu la vie. Oleg Kachin de Kommersant et le rédacteur en chef de Himkinskaya Pravda, Mikhaïl Beketov, sont toujours vivants, un vrai miracle. Les grandes affaires ne font pas l’objet d’enquêtes menées dans les formes. Les assassins de Mme Politovskaya, du rédacteur en chef de Forbes Russie, Pavel Klebnikov, de Natalia Estemirova, les agresseurs d’Oleg Kachine et de Mikhaïl Beketov n’ont jamais été punis.

Cette impunité incite au crime et créer une atmosphère de terreur qui empêche les journalistes de travailler. Certaines enquêtes ont toutefois été menées à bien : les meurtres d’Anastasia Babourova et de l’avocat Stanislav Markelov à Moscou en janvier 2010 ont été punis, les coupables ont été jugés. En août 2012, l’un des coupables du meurtre d’Anna Politovskaya, l’ancien officier de police Dmitri Pavlioutchenkov, a été jugé. Nous espérons tous que les meurtres de journalistes seront punis. Nous saluons l’initiative prise à Saint-Pétersbourg de donner le nom d’Anna Politovskaya à une rue de la ville.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.vedomosti.ru/opinion/news/4735161/ulica_politkovskoj#ixzz28hqnMXjv

Deux journalistes arrêtées à Minsk

9 Août

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Liberté aux journalistes !

Aujourd’hui soir (8 août) à Minsk, la police a arrêté deux journalistes :  Irina Kozlik et la photographe Ioulia Dorochkevitch. Elles ont été emmenées au Département régional des Affaires intérieures et accusées d’avoir organisé une flashmob non autorisée. Mme Dorochkevitch a écrit sur sa page Facebook qu’elle et sa collègue avaient été arrêtées alors qu’elles se photographiaient avec un ours en peluche. Leurs téléphones portables ont ensuite été confisqués. Il est très probable qu’elles passent la nuit derrière les barreaux. Suite aux manifestations silencieuses de l’année dernière, le Code administratif biélorusse interdit même l’« inaction organisée ».

Pour rappel, le 4 juillet dernier, à Minsk et dans des villes voisines, des militants suédois ont largué un millier d’ours en peluche en parachute avec des slogans appelant à la défense de la liberté d’expression. Au début, les forces de sécurité biélorusses ont nié qu’un tel événement avait eu lieu, mais au bout de quelques jours, le KGB du pays a arrêté deux personnes : d’abord Sergueï Bachamirov, un agent immobilier qui avait loué un appartement aux militants, puis Anton Souriapine, le premier journaliste (bnp.by) à avoir envoyé des photos des ours en peluche.  Ils ont été arrêtés et accusés de complicité de passage illégal des frontières. Après l’arrestation de M. Souriapine, des journalistes biélorusses ont souhaité organiser une action. Etant donné qu’il est interdit d’organiser des événements en rue, ils ont choisi la formule d’une flashmob en ligne et se sont photographiés avec des ours en peluche portant le slogan « No pictures – no troubles? » [Pas de photos, donc pas de problème ?] En tout, 34 personnes ont répondu présentes.

Quelques jours plus tard, lorsque les autorités ont appris que l’avion suédois avait bel et bien traversé la frontière, le président du Comité de surveillance des frontières et le commandant des forces aériennes et de défense contre les avions ont été renvoyés. En outre, le KGB biélorusse a appelé les participants à l’action des Suédois à rentrer au pays en qualité de suspects, laissant entendre que le destin de MM. Souriapine et Bachamirov en dépendait. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont par ailleurs au plus mal : la Biélorussie a expulsé de son territoire l’ambassadeur de Suède après que les Suédois ont expulsé deux diplomates de l’ambassade de Biélorussie et refusé d’accueillir un nouvel ambassadeur.

Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : https://www.facebook.com/novgaz

Les Russes feraient plus confiance aux chaînes télévisées nationales

2 Août

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Les Russes continuent de s’informer sur ce qui se passe dans le monde grâce à la télévision et ils font surtout confiance aux chaînes télévisées nationales. C’est la conclusion à laquelle sont arrivés des spécialistes du VTsIOM après avoir interrogé 1600 personnes dans 138 agglomérations situées dans 46 oblasts, kraïs et républiques de Russie.

A en juger par les résultats de l’étude, 78 % des Russes puisent leurs informations dans les programmes des chaînes télévisées nationales et croient 64 % de ces informations. Il est beaucoup plus rare que les personnes interrogées par le VTsIOM se tournent vers les médias étrangers (26 %) et leur fassent confiance (43 %).

Quelque 59 % des Russes utilisent Internet comme une source d’informations sérieuse et 64 % d’entre eux croient ce qu’ils y lisent. Il s’agit d’un faible résultat par rapport aux autres médias, mais les répondants accordent davantage leur confiance aux médias de la toile (une croissance de 15 points de pourcentage) : en 2008, seuls 49 % des répondants croyaient ce qu’ils lisaient sur Internet. Comparons : en 2008, 71 % des Russes faisaient confiance aux chaînes télévisées nationales (7 % de moins qu’aujourd’hui), 69 % faisaient confiance à la télévision régionale (moins 9 %), 62 % croyaient la presse nationale (8 % de moins), 68 % croyaient les chaînes de radio nationales (moins 4 %), 63 % faisaient confiance à la radio régionale (moins 3 %) et 32 % croyaient les médias étrangers (moins 11 %).

L’entreprise Synovate Comcon a publié ce mois-ci un aperçu des tendances médiatiques de l’année dernière. Il en est ressorti que l’audience des chaînes télévisées, des revues et des journaux a baissé au fil des ans, contrairement à celle de la toile qui n’a fait que croître. Selon les données rassemblées par Synovate Comcon, la confiance dans les chaînes télévisées en tant que sources d’informations a baissé de 5 % en un an (à 35 % des téléspectateurs) et celle accordée aux journaux est remontée (36 % des lecteurs après une chute à 25 % lors de la crise de 2008). Cette autre étude a par ailleurs montré que les internautes faisaient de plus en plus confiance à ce qu’ils trouvaient dans le cyberespace (40 %).

Mihaïl Malyhin — Article traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original : http://www.vedomosti.ru/lifestyle/news/2449201/rossiyane_vse_menshe_doveryayut_informacii_centralnyh#ixzz22OPvPlCV

La journaliste Natalia Morar de retour en Russie

7 Avr

Photo : Maxime Avdeev/Kommersant

La correspondante du journal The New Times Natalia Morar a pu rentrer en Russie lundi. En 2007, Le FSB avait, sans raison, interdit à cette ressortissante moldave de se rendre dans le pays. Selon l’opposition, cette décision aurait été prise en raison du reportage qu’elle préparait sur le problème de la corruption. D’après ses collègues, son retour a été possible suite à l’intervention du président, Dmitri Medvedev.

Nous avons contacté son mari, Ilia Barabanov, le rédacteur en chef adjoint du journal The New Times. M. Barabanov a accompagné Natalia Morar dans l’avion qui l’a ramenée en Russie. Le voyage se serait passé sans aucun problème, même à la frontière. « Je pensais que j’allais me faire des cheveux blancs en attendant dans la file à la frontière, mais tout s’est bien passé », a-t-il déclaré.

« Je voulais croire qu’en Russie, il était aussi possible d’être agréablement surprise »Natalia Morar, sur son retour au pays…

Natalia Morar a été interdite de séjour en Fédération de Russie en 2007, lorsqu’elle a tenté de revenir à Moscou d’un voyage d’affaires. Quelques jours plus tôt, The New Times avait publié un article intitulé « Les caisses noires du Kremlin » : selon les informations de Mme Morar, lors des élections de 2007, des représentants du pouvoir auraient extorqué de l’argent à des partis politiques. En 2008, Natalia Morar s’est mariée avec son collègue russe Ilia Barabanov. Par la suite, la journaliste a demandé la citoyenneté russe, mais elle lui a été refusée. Le FSB a quant à lui refusé de fournir la raison de l’interdiction de séjour de Mme Morar.

De quoi l’accuse-t-on ?« Il est clair que ceux qui ont pris cette décision ont plus de choses à se reprocher que moi… »

« Depuis son interdiction de séjour, 1560 jours se sont écoulés. Pendant tout ce temps, nous avons tenté d’obtenir justice », a expliqué M. Barabanov. Selon lui, la situation se serait débloquée fin janvier 2012, suite à une rencontre entre le président Medvedev et des représentants de la presse. Le rédacteur en chef de The New Times, Evgeni Albats, aurait alors mentionné le cas de Natalia Morar.  « Il a répondu qu’il essayerait d’intervenir. Le temps a passé et nous avons décidé de tout simplement acheter des billets de retour et de tenter de passer la frontière », a déclaré M. Barabanov. Il a ajouté que lors de son séjour en Moldavie, Natalia Morar était devenue une célèbre animatrice à la télévision, bien qu’aujourd’hui, elle ait décidé de retravailler en Russie.

Alexandre Tchernih, traduit du russe par Amandine Gillet

Lien vers l’article original en russe :  http://www.kommersant.ru/doc/1901479

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